Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Louise X..., partie civile, contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris du 11 avril 1962, qui l'avait exclue du bénéfice du Fonds de garantie automobile. La Cour a d'abord examiné la recevabilité des moyens de cassation formulés dans un mémoire déposé après le délai légal, puis a analysé les arguments relatifs à la bonne foi de la victime et à la responsabilité du Fonds de garantie. En conclusion, la Cour a estimé que les moyens de la demanderesse étaient irrecevables et que l'arrêt attaqué était conforme au droit.
Arguments pertinents
1. Recevabilité des moyens de cassation : La Cour a souligné que, selon les articles 584 et 585 du Code de procédure pénale, la partie civile doit déposer son mémoire dans un délai de dix jours suivant la déclaration de pourvoi. Le mémoire de Louise X... ayant été déposé le onzième jour, il a été jugé irrecevable. La Cour a affirmé : « ledit mémoire, déposé le onzième jour qui a suivi la déclaration de pourvoi et, par conséquent, hors du délai imparti... ne saisit pas la Cour de cassation des moyens qui y sont formulés ».
2. Bonne foi de la victime : Concernant le premier moyen de cassation, la Cour a constaté que l'arrêt attaqué avait établi, par des présomptions graves, précises et concordantes, que la demanderesse ne pouvait ignorer l'origine frauduleuse du véhicule. La Cour a précisé que « la bonne foi de la victime n'est pas justifiée » et a appliqué l'article 3 du décret du 30 juin 1952, qui constitue une exception au principe général de la présomption de bonne foi.
3. Opposabilité de la faute de la victime : Pour le second moyen, la Cour a jugé que la faute de la victime était opposable à la mère, même si celle-ci intervenait en tant que créancière. La Cour a affirmé que « bien qu'intervenant en son nom personnel, la dame X... ne saurait être admise à bénéficier du Fonds de garantie automobile, alors que son fils dont elle se réclame pour fonder sa prétention, s'en serait trouvé exclu en vertu de l'article 3B du décret du 30 juin 1952 ».
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Articles 584 et 585 : Ces articles stipulent que le demandeur en cassation doit déposer son mémoire dans un délai de dix jours suivant la déclaration de pourvoi. La Cour a appliqué ces dispositions pour déclarer le mémoire de Louise X... irrecevable, soulignant l'importance du respect des délais dans la procédure.
2. Code civil - Article 2268 : Cet article établit que la bonne foi est toujours présumée. La Cour a interprété cet article à la lumière des exceptions prévues par le décret du 30 juin 1952, concluant que des présomptions graves, précises et concordantes peuvent suffire à établir la mauvaise foi dans certains cas, comme celui-ci.
3. Décret du 30 juin 1952 - Article 3 : Cet article précise les conditions dans lesquelles la bonne foi peut être contestée. La Cour a noté que les dispositions de cet article se suffisent à elles-mêmes et permettent de déroger à la présomption de bonne foi, ce qui a été crucial pour le rejet du premier moyen de cassation.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation rigoureuse des délais de procédure et des principes de bonne foi, tout en respectant les exceptions prévues par la législation applicable.