Résumé de la décision
La Cour de cassation a examiné le pourvoi de Marcel X..., condamné par la Cour d'appel de Paris pour outrages aux bonnes mœurs par la voie du livre. Il a été condamné à une amende de 8000 francs, à un an d'interdiction de fonctions et à la destruction des ouvrages saisis. Le pourvoi a été fondé sur la violation de l'article 283 du Code pénal et de l'article 7 de la loi du 20 avril 1810, en raison d'une insuffisance de motifs et d'un manque de base légale. La Cour a annulé l'arrêt de la Cour d'appel, considérant que celle-ci n'avait pas suffisamment vérifié le caractère délictueux des ouvrages incriminés.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motifs : La Cour de cassation a souligné que la Cour d'appel s'est limitée à se référer à l'opinion du prévenu concernant la détention des ouvrages, sans effectuer une appréciation propre des éléments constitutifs de l'infraction. Cela constitue une violation des limites de leur compétence, rendant impossible le contrôle de la légalité de leur décision.
> "En se bornant à se référer à l'opinion du prévenu sans constater eux-mêmes par une appréciation qui leur soit propre, le caractère délictueux des ouvrages incriminés, les juges du fond ne mettent pas la Cour de cassation à même d'exercer son contrôle sur la légalité de leur décision."
2. Caractère délictueux des ouvrages : La Cour a noté que la Cour d'appel n'a pas vérifié si les éléments constitutifs de l'infraction d'outrage aux bonnes mœurs étaient réunis, ce qui est essentiel pour établir la culpabilité.
Interprétations et citations légales
1. Article 283 du Code pénal : Cet article définit l'infraction d'outrage aux bonnes mœurs. La Cour de cassation a rappelé que la qualification de l'infraction nécessite une appréciation des éléments constitutifs, ce qui n'a pas été fait par la Cour d'appel.
> "L'arrêt attaqué [...] énonce que le prévenu est poursuivi pour avoir [...] détenu en vue d'en faire commerce des livres contraires aux bonnes mœurs."
2. Article 7 de la loi du 20 avril 1810 : Cet article traite des publications contraires aux bonnes mœurs. La Cour a souligné que la simple reconnaissance par le prévenu de la détention des ouvrages ne suffit pas à établir leur caractère délictueux sans une analyse approfondie.
> "La décision attaquée a déclaré le demandeur coupable d'outrages aux bonnes mœurs [...] mais sans que la Cour ait par elle-même recherché si les éléments de l'outrage aux bonnes mœurs étaient réunis."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance d'une analyse rigoureuse des éléments constitutifs d'une infraction et souligne que les juges doivent exercer leur propre appréciation pour garantir le respect des droits des prévenus.