Résumé de la décision
La Cour d'appel d'Amiens a validé un congé donné par Dame de Y... à son fermier Z... pour la reprise de terres en faveur de sa fille, Dame de X..., qui est mariée et exploitante d'une ferme à plus de 100 kilomètres des biens concernés. La Cour a jugé que, bien que Dame de X... soit mariée et installée sur une autre exploitation, elle pouvait assurer une exploitation personnelle effective des parcelles en question. Le pourvoi formé par Z... contre cette décision a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Installation de Dame de X... : La Cour a considéré que le fait que Dame de X... soit mariée et exploitante d'une ferme éloignée ne l'empêchait pas d'être considérée comme non installée sur son propre bien, ce qui est un critère essentiel pour la reprise. La Cour a affirmé : "Dame de X... n'est pas installée sur son propre bien et qu'elle ne s'est d'ailleurs pas vue opposer les règles du non-cumul."
2. Capacité d'exploitation : La Cour a également statué que, malgré la distance et la faible superficie des parcelles, Dame de X... avait les aptitudes nécessaires pour assurer une exploitation effective et permanente. Elle a noté que "la faible contenance des parcelles n'exige pas de la part de l'exploitant une longue pratique de la culture."
3. Volonté d'exercer la reprise : La décision a souligné que Z... n'a pas apporté la preuve que Dame de X... n'avait pas la volonté d'exercer la reprise, comme l'exigeaient les articles pertinents du Code rural.
Interprétations et citations légales
1. Article 811 du Code rural : Cet article stipule que la reprise de terres agricoles est possible pour l'installation d'un enfant majeur, à condition que celui-ci ne soit pas déjà installé sur une exploitation. La Cour a interprété cet article en considérant que la notion d'installation ne se limite pas à la situation matrimoniale ou à la distance géographique.
2. Article 845 du Code rural : Cet article exige que l'exploitant assure une exploitation personnelle effective et permanente. La Cour a jugé que les conditions étaient remplies par Dame de X..., qui, bien qu'elle soit mariée et exploitante ailleurs, pouvait gérer les parcelles en question grâce à sa maison et ses moyens.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation souple des critères d'installation et d'exploitation, permettant ainsi à Dame de X... de bénéficier de la reprise des terres malgré sa situation personnelle et géographique.