Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi concernant une décision de la cour d'appel d'Angers qui avait déclaré X... père d'un enfant né le 2 mars 1961 sur la base d'un aveu écrit non équivoque. Cet aveu était fondé sur des déclarations faites par X... durant une information pénale, ainsi que sur des circonstances entourant ses relations avec la mère de l'enfant. La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel, estimant que les écrits invoqués ne constituaient pas en eux-mêmes un aveu non équivoque de paternité, et que d'autres éléments de preuve ne pouvaient pas compléter cette preuve.
Arguments pertinents
1. Nature de l'aveu : La Cour de cassation souligne que pour établir un aveu de paternité, il est nécessaire que la preuve soit constituée uniquement par des écrits se suffisant à eux-mêmes. Elle déclare que "la preuve de son aveu non équivoque, exprès ou implicite, doit résulter d'écrits se suffisant à eux-mêmes".
2. Circonstances d'établissement de l'aveu : Bien que la cour d'appel ait pris en compte les circonstances entourant les déclarations de X..., la Cour de cassation a jugé que cela constituait une violation de l'article 340, paragraphe 1er, alinéa 3, du Code civil, qui exige une preuve écrite sans ambiguïté.
3. Conséquences de la décision : En conséquence, la Cour de cassation a annulé l'arrêt de la cour d'appel et a renvoyé l'affaire devant la cour d'appel de Rennes, remettant les parties dans l'état où elles se trouvaient avant la décision contestée.
Interprétations et citations légales
- Article 340 du Code civil : Cet article stipule que la reconnaissance de paternité peut être fondée sur un aveu écrit non équivoque. La Cour de cassation a précisé que "la preuve de son aveu non équivoque, exprès ou implicite, doit résulter d'écrits se suffisant à eux-mêmes". Cela implique que les juges ne peuvent pas se fonder sur des éléments contextuels ou des déclarations additionnelles pour établir un aveu de paternité.
- Importance de l'écrit : La décision met en avant l'importance de la rigueur dans la preuve des déclarations de paternité. La Cour a insisté sur le fait que les écrits doivent être clairs et sans ambiguïté, soulignant ainsi la nécessité d'une preuve solide dans les affaires de paternité.
En résumé, la décision de la Cour de cassation rappelle l'importance de la preuve écrite dans les affaires de paternité et clarifie que les juges ne peuvent pas compléter des écrits par d'autres éléments de preuve pour établir un aveu non équivoque.