Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Alisse et Ripoche, propriétaire d'un immeuble, a construit un hangar qui dépasse la hauteur autorisée par un arrêté préfectoral. X..., un voisin, a assigné la société pour obtenir la démolition ou la modification du hangar, arguant qu'il était privé de lumière. La société Alisse et Ripoche a appelé en garantie la société Nicou, qui avait réalisé la construction. La cour d'appel a ordonné la modification du hangar, décision contestée par la société Alisse et Ripoche. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant que la société avait violé les obligations de voisinage.
Arguments pertinents
1. Droit de faire cesser un trouble de voisinage : La Cour a affirmé que X... avait le droit d'agir pour faire cesser un trouble de voisinage, en raison de la construction du hangar qui privait certaines pièces de son habitation de lumière. La Cour a noté que "c'est donc bien pour faire cesser un trouble de voisinage qui existe qu'il a envisagé la présente action".
2. Violation des obligations de voisinage : Les juges du fond ont constaté que la société Alisse et Ripoche avait violé les obligations de voisinage. La Cour a souligné que "les présomptions suffisent à démontrer que les prétentions de X... sont établies en fait".
3. Prescription de l'action civile : La Cour a jugé que le moyen relatif à la prescription de l'action civile était sans intérêt, car il ne s'agissait pas d'une telle action. Cela a permis de se concentrer sur la nature du trouble de voisinage plutôt que sur des questions de prescription.
Interprétations et citations légales
1. Obligations de voisinage : La décision repose sur le principe des obligations de voisinage, qui impose à chaque propriétaire de respecter les droits de ses voisins. Cela est implicite dans le Code civil, notamment dans l'article 671 qui traite des servitudes et des droits de passage, mais également dans le cadre plus large des relations de voisinage.
2. Arrêté préfectoral : L'arrêté du 30 juin 1938, qui réglemente la construction et vise à protéger les intérêts des voisins, est central dans cette affaire. La Cour a noté que "l'infraction qu'il relève aux dispositions de l'arrêté permet de présumer que l'inconvénient que l'arrêté préfectoral a voulu empêcher a été réalisé au préjudice de X...".
3. Droit d'agir en justice : La décision souligne que le fait qu'une servitude ait été créée dans un intérêt général ne prive pas un particulier de son droit d'agir en justice pour faire valoir ses droits. Cela est en ligne avec le principe énoncé dans le Code civil - Article 544, qui stipule que "la propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue".
En conclusion, la décision de la Cour de cassation confirme la légitimité de l'action de X... pour faire cesser un trouble de voisinage, tout en rejetant les arguments de la société Alisse et Ripoche concernant la recevabilité de l'action et la prescription.