Résumé de la décision
Dans cette affaire, X..., circulant de nuit sur un cyclomoteur avec Z..., heurta une automobile arrêtée, entraînant des blessures pour les deux occupants du cyclomoteur, dont la mort de Z.... La Caisse de Sécurité Sociale de Lyon a assigné A... en remboursement des prestations versées, et un jugement antérieur a déclaré A... partiellement responsable de l'accident. Plus de quatre ans après, la mère de Z... a assigné A... pour réparation des dommages résultant du décès de son fils. A... a appelé X... en intervention forcée pour garantir ses condamnations potentielles. La cour d'appel a déclaré l'action en garantie prescrite et a jugé A... entièrement responsable du dommage. Le pourvoi formé par A... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Prescription de l'action en garantie : La cour d'appel a jugé que l'action en garantie intentée par A... contre X... était prescrite, car elle avait été engagée plus de trois ans après l'accident. La cour a précisé que l'action en garantie, qui visait à établir la responsabilité de X... dans la mort de Z..., ne pouvait être fondée que sur l'article 1382 du Code civil, qui exige la preuve d'une faute. La cour a conclu que la faute civile se confond avec celle sanctionnée par le Code pénal, et que l'action se prescrivait par le même délai que l'action publique.
> "En raison du caractère gratuit, non contesté, du transport de Z... par X..., la responsabilité de ce dernier ne pouvait être recherchée, soit directement, soit par voie recours, que sur la base de l'article 1382 du Code civil."
2. Responsabilité intégrale de A... : La cour a également statué que le jugement antérieur n'était pas opposable à X... ni à la mère de Z..., car ils n'avaient pas été parties à l'instance. A... a été déclaré seul responsable du dommage subi par la mère de Z... et ses enfants, sans que cela ne constitue une condamnation in solidum.
> "L'autorité de la chose jugée par le jugement du 14 novembre 1957 n'était opposable ni à X... ni à dame Z..., qui n'avaient pas été appelés dans l'instance."
Interprétations et citations légales
1. Prescription de l'action en garantie : La cour a interprété l'article 1382 du Code civil comme exigeant la preuve d'une faute pour engager la responsabilité. La prescription de l'action en garantie a été liée à la prescription de l'action publique, ce qui a conduit à la déclaration de l'action comme étant prescrite.
> Code civil - Article 1382 : "Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer."
2. Responsabilité partielle : Concernant la responsabilité de A..., la cour a précisé que le jugement antérieur ne pouvait pas être utilisé pour établir une responsabilité partagée, car il n'y avait pas eu de jugement contraignant à cet égard pour X... ou dame Z....
> Code civil - Article 1384, alinéa 1 : "On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre."
Ces interprétations montrent la complexité des relations entre les différentes responsabilités en matière de dommages corporels et l'importance des délais de prescription dans le droit français.