Résumé de la décision
Dans cette affaire, Dame Y..., alors qu'elle traversait une route de nuit dans une agglomération, a été heurtée mortellement par un véhicule conduit par X..., son propriétaire. Suite à cet accident, la Caisse Primaire de Sécurité Sociale des Ardennes a assigné X... en remboursement des prestations versées, considérant que l'accident était un accident du travail. Le mari et les deux fils majeurs de la victime ont également demandé réparation pour le préjudice subi. La Cour d'appel a rejeté leurs demandes, considérant qu'aucune faute n'était établie à la charge de l'automobiliste.
Arguments pertinents
1. Absence de faute de l'automobiliste : La Cour d'appel a jugé que X... n'avait pas commis de faute, car il circulait à une vitesse raisonnable (entre 55 et 60 km/h) et a tenté d'éviter la victime en freinant énergiquement. La décision précise que "les juges du fond... ont pu déduire qu'aucune faute n'était établie à la charge de X...".
2. Comportement imprévisible de la victime : La Cour a également souligné que la victime avait engagé un mouvement imprévisible en traversant la chaussée sans s'assurer qu'elle pouvait le faire en toute sécurité. Cela a été considéré comme un facteur ayant contribué à l'accident, rendant vaine toute mesure de sauvetage de la part de X.... Les juges ont noté que "le fait de Dame Y..., notamment imprévisible pour le gardien de l'automobile, avait été tel que celui-ci n'avait pu le surmonter".
Interprétations et citations légales
1. Responsabilité civile délictuelle : La décision repose sur les articles du Code civil relatifs à la responsabilité civile. En particulier, l'article 1382 et l'article 1384, alinéa 1, sont invoqués pour établir la responsabilité de l'automobiliste.
- Code civil - Article 1382 : "Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer."
- Code civil - Article 1384, alinéa 1 : "On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre."
2. Appréciation souveraine des juges du fond : La décision souligne que les juges du fond ont une large appréciation de la valeur probante des témoignages. Ils ont estimé que l'insuffisance d'éclairage de la voiture n'était pas démontrée et que les circonstances de l'accident ne permettaient pas d'imputer une faute à X.... La Cour a ainsi affirmé que "les juges du fond... ont pu, dans ces circonstances, admettre que le fait de Dame Y... avait été tel que celui-ci n'avait pu le surmonter".
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Nancy a été confirmée, rejetant les pourvois des parties demanderesses, en raison de l'absence de faute de l'automobiliste et du comportement imprévisible de la victime.