Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé un arrêt de la Cour d'appel de Lyon en date du 16 octobre 1964, qui avait refusé d'ordonner la fermeture d'un débit de boissons exploité illégalement par la dame X... malgré une condamnation pour infraction à la législation sur les débits de boissons. La Cour a jugé que la fermeture d'un établissement illégalement exploité doit être ordonnée indépendamment de la cessation de l'infraction, car elle est une mesure de police qui vise à protéger l'ordre public.
Arguments pertinents
1. Caractère obligatoire de la fermeture : La Cour a souligné que la fermeture d'un débit de boissons illégalement exploité est imposée par l'article L 30 du Code des débits de boissons, qui ne laisse pas de place à l'appréciation des circonstances atténuantes. La Cour a affirmé que "la disposition de l'article L 30... trouve application par le seul fait que l'infraction à la loi a été commise".
2. Indépendance de la mesure de fermeture : La Cour a également noté que la fermeture d'un établissement ne doit pas être considérée comme une peine mais comme une mesure de police visant à mettre fin à un trouble à l'ordre public. Elle a précisé que "cette mesure présente en effet un caractère réel qui atteint l'entreprise même trouvée en défaut".
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, la Cour de cassation a interprété les articles L 29 et L 30 du Code des débits de boissons de manière à affirmer que la fermeture d'un débit de boissons illégalement exploité est une conséquence automatique de la constatation d'une infraction.
- Code des débits de boissons - Article L 29 : Cet article établit les conditions d'exploitation des débits de boissons et les infractions qui peuvent en découler.
- Code des débits de boissons - Article L 30 : Cet article précise que "la fermeture définitive du débit illégalement exploité est ordonnée". La Cour a mis en avant que cette fermeture doit être appliquée indépendamment de la situation actuelle de l'établissement, soulignant que "il est vain de rechercher... si cette fermeture constitue une mesure de sûreté ou une peine".
La décision de la Cour de cassation renforce l'idée que la protection de l'ordre public prime sur les considérations individuelles liées à la cessation de l'infraction, et que les mesures de police doivent être appliquées de manière stricte pour garantir le respect de la législation en matière de débits de boissons.