Résumé de la décision
Dans cette affaire, X... conteste la validité de son contrat de travail signé le 6 septembre 1961 avec la société Vogelsang, arguant que la lettre d'engagement était postérieure à son entrée en fonctions, ce qui violerait l'article 4 de l'avenant ingénieurs et cadres à la convention collective de l'industrie des métaux du Bas-Rhin. Il conteste également la légitimité de son licenciement, en invoquant plusieurs violations des dispositions légales et conventionnelles. La Cour d'appel a rejeté ses demandes, considérant que le retard dans la remise de la lettre d'engagement n'entraînait pas de nullité absolue et que les conditions de son licenciement étaient conformes aux règles applicables.
Arguments pertinents
1. Validité du contrat de travail : La Cour d'appel a souligné que l'article 4 de l'avenant ne prévoyait pas de nullité absolue en cas de non-respect de la règle stipulant que la lettre d'engagement doit être remise avant l'entrée en fonctions. Elle a noté que X... avait exécuté ses obligations sans réserve pendant plusieurs mois, ce qui a conduit à la conclusion que le retard de 48 heures dans la remise de la lettre d'engagement n'était pas pertinent.
> "La règle posée par l'article 4 de l'avenant susvisé... n'était point sanctionnée par une nullité absolue."
2. Licenciement abusif : Concernant le licenciement, la Cour a rejeté l'argument selon lequel X... n'avait pas pu exercer ses fonctions en raison de la présence d'un autre ingénieur. Elle a affirmé que la lettre d'engagement stipulait que X... exercerait ses fonctions sur un pied d'égalité avec Y..., ce qui ne constituait pas une modification des conditions de travail.
> "Vous y exercerez vos fonctions sur un pied d'égalité avec M. J Y..."
3. Prolongation de la période d'essai : La Cour a également rejeté l'argument relatif à la prolongation unilatérale de la période d'essai, notant que X... n'avait pas formulé de réserve contre la lettre l'informant de cette prolongation et qu'il avait continué à travailler, acceptant ainsi tacitement cette prolongation.
> "Les juges du fond ont pu en déduire qu'en continuant à travailler pendant plus de sept semaines après cette date, il avait accepté cette proposition."
Interprétations et citations légales
1. Article 4 de l'avenant ingénieurs et cadres : Cet article impose que la lettre d'engagement soit remise avant l'entrée en fonctions, mais la Cour a interprété qu'aucune sanction de nullité n'était prévue pour un manquement à cette règle. Cela souligne l'importance de la bonne foi et de l'exécution des obligations contractuelles, même en l'absence de formalités strictes.
2. Article 5 de l'avenant : Cet article traite de la période d'essai. La Cour a jugé que la prolongation de la période d'essai ne pouvait être contestée puisque X... avait continué à travailler sans réserve, ce qui démontre l'acceptation tacite des conditions.
3. Article 26 de l'avenant : Cet article prévoit des dispositions concernant le préavis de licenciement. La Cour a statué que ces dispositions ne s'appliquaient pas dans le cadre de la période d'essai, ce qui est une interprétation pragmatique des règles applicables aux contrats de travail.
> "La rupture du contrat avait été notifiée au cours de la période d'essai."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation des textes qui privilégie l'exécution des obligations contractuelles et la bonne foi des parties, tout en soulignant que les formalités ne doivent pas nécessairement entraîner des conséquences juridiques sévères, tant que les parties agissent de manière conforme à l'esprit du contrat.