Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la dame Z... et consorts à la Société Générale des Produits Dubonnet-Cinzano-Byrrh (CDC), la cour d'appel de Paris a été saisie suite à une demande des consorts Z... visant à obtenir une copie intégrale du procès-verbal de l'assemblée générale de la société, incluant une déclaration faite par le mari de la dame Z... lors de cette assemblée. La CDC avait initialement envoyé un opuscule contenant les résolutions adoptées, mais pas le procès-verbal complet. Les consorts Z... ont alors assigné la société pour obtenir cette communication, mais la cour d'appel a rejeté leur demande, considérant que la société n'était pas légalement tenue de fournir le procès-verbal intégral. De plus, la cour a condamné les consorts Z... à verser des dommages-intérêts à la société pour procédure abusive.
Arguments pertinents
1. Absence d'obligation légale : La cour d'appel a justifié son rejet de la demande des consorts Z... en affirmant que "ni l'article 35, alinéa 3, de la loi du 24 juillet 1867, ni l'article 3 de l'ordonnance du 4 février 1959 ne font obligation à la société d'adresser aux actionnaires une copie des procès-verbaux des assemblées". Cela souligne que la société a respecté ses obligations légales en matière de communication.
2. Nature de la déclaration litigieuse : La cour a noté que "la déclaration litigieuse était étrangère à l'ordre du jour et ne concernait pas les résolutions soumises à l'assemblée". Cela indique que la société n'avait pas l'obligation de reproduire des éléments qui ne faisaient pas partie des sujets discutés lors de l'assemblée.
3. Absence de faute : La cour a conclu qu'aucune faute ne pouvait être reprochée à la CDC, affirmant qu'elle avait "satisfait au droit de communication des actionnaires" et que les consorts Z... ne pouvaient pas imposer à la société de reproduire le procès-verbal dans sa brochure.
Interprétations et citations légales
1. Article 35 de la loi du 24 juillet 1867 : Cet article stipule que "communication ou copie peut en être prise au siège social". Cela signifie que les actionnaires ont le droit d'accéder aux documents, mais cela ne crée pas une obligation pour la société de les envoyer. La cour a interprété cet article comme ne conférant pas un droit à la communication intégrale des procès-verbaux.
2. Ordonnance du 4 février 1959 : L'article 3 de cette ordonnance, similaire à l'article 35, ne prévoit pas non plus l'obligation de transmettre des procès-verbaux complets aux actionnaires, renforçant ainsi la position de la société.
3. Procédure abusive : La cour a retenu que les consorts Z... avaient engagé une action "de mauvaise foi et avec une légèreté blâmable", ce qui justifie la condamnation pour procédure abusive. Cela souligne l'importance de la bonne foi dans l'exercice des droits en justice.
En somme, la décision de la cour d'appel repose sur une interprétation stricte des obligations légales de la société vis-à-vis de ses actionnaires, tout en soulignant l'importance de la bonne foi dans les actions judiciaires.