Résumé de la décision
Dans cette affaire, le sieur X... a contesté un arrêt de la Cour d'appel de Rennes qui avait confirmé une décision antérieure de la Cour d'appel d'Angers, en refusant de prononcer la nullité d'un acte de vente contenant des rentes viagères entre époux. Le pourvoi a été formé sur plusieurs moyens, dont le principal invoquait la violation de plusieurs articles du Code civil, en soutenant que l'acte contenait une libéralité entre époux. La Cour de Cassation, statuant en Chambres réunies, a rejeté le pourvoi, considérant que l'acte en question ne constituait pas une donation mutuelle et réciproque, échappant ainsi à l'interdiction prévue par l'article 1097 du Code civil.
Arguments pertinents
1. Dénaturation des accords : Le demandeur soutenait que l'arrêt attaqué avait dénaturé les accords des parties en refusant de prononcer la nullité de l'acte litigieux, qui contenait une libéralité mutuelle entre époux. La Cour a répondu que l'acte ne comportait pas une libéralité à l'égard de Louis X..., car il ne l'exonérait pas de l'obligation de récompense en cas de survie.
> "l'acte, exonérant dame Z... seule de l'obligation de récompense, n'en dispensait pas Louis X... au cas où il aurait survécu, et ne comportait pas, en conséquence, à cet égard, une libéralité à son profit."
2. Incompétence des Chambres réunies : Concernant la violation de l'article 1395 du Code civil, la Cour a déclaré qu'elle était incompétente pour examiner ce point, car l'arrêt de cassation précédent n'avait pas statué sur la question de l'immutabilité des conventions matrimoniales.
> "l'arrêt du 18 juin 1958, qui a cassé la décision de la Cour d'appel d'Angers et saisi la Cour d'appel de Rennes, n'a pas statué sur ce point ; qu'ainsi les Chambres réunies sont incompétentes pour en connaître."
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1097 : Cet article interdit les donations mutuelles entre époux, sauf si elles sont expressément stipulées. La Cour a interprété que l'acte en question ne constituait pas une donation mutuelle, car il ne libérait pas Louis X... d'une obligation en cas de survie.
2. Code civil - Article 1395 : Cet article concerne la validité des conventions matrimoniales. La Cour a souligné qu'elle ne pouvait pas se prononcer sur la question de l'immutabilité des conventions matrimoniales, car cela n'avait pas été abordé dans l'arrêt de cassation précédent.
3. Loi du 23 juillet 1947 - Article 58 : Cet article précise que les Chambres réunies ne peuvent statuer que sur les points en contradiction avec l'arrêt de cassation. La Cour a utilisé cette disposition pour justifier son incompétence à examiner les arguments relatifs à l'immutabilité des conventions matrimoniales.
En conclusion, la décision de la Cour de Cassation repose sur une interprétation stricte des articles du Code civil, en particulier en ce qui concerne les libéralités entre époux et la compétence des Chambres réunies.