Résumé de la décision
Dans cette affaire, les Établissements Moser contestent une décision de la Cour d'appel qui a reconnu à X... la qualité de cadre et a déclaré nulle une clause de non-concurrence. Les Établissements Moser soutiennent que la Cour d'appel n'a pas suffisamment justifié sa décision en ce qui concerne les fonctions exercées par X... et que la clause de non-concurrence était justifiée. La Cour d'appel a cependant constaté que X... avait exercé des fonctions de directeur de succursale, ce qui le qualifiait comme cadre. De plus, elle a jugé que la clause de non-concurrence était excessive et nuisait à la capacité de X... à travailler dans sa spécialité.
Arguments pertinents
1. Sur la qualité de cadre de X... : La Cour d'appel a établi que X... avait exercé des fonctions de directeur de succursale, ce qui impliquait un contrôle et une gestion du personnel. Elle a précisé que ces fonctions étaient distinctes de celles d'un chef de chantier ou d'un agent de maîtrise. La Cour a affirmé : « il en résulte que la Cour d'appel a précisé dans les motifs de sa décision la nature et l'étendue des fonctions exercées par X... ».
2. Sur la clause de non-concurrence : La Cour d'appel a jugé que la clause interdisant à X... de travailler dans sa spécialité pendant dix ans était démesurée. Elle a constaté que cette clause aurait pour effet de priver X... de la possibilité d'exercer son métier et de tirer profit de son expérience acquise. La Cour a déclaré que cette clause « aboutissant à une interdiction totale de travail dans la spécialité de l'intéressé » était nulle.
Interprétations et citations légales
1. Sur la qualité de cadre :
- Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. La Cour d'appel a interprété cet article en considérant que les fonctions exercées par X... justifiaient sa qualification de cadre, malgré l'absence de mention explicite de cette qualité dans le contrat initial.
2. Sur la clause de non-concurrence :
- Code du travail - Article 23 : Cet article impose que les clauses de non-concurrence doivent être justifiées par l'intérêt de l'entreprise et ne doivent pas restreindre de manière excessive la liberté de travail du salarié. La Cour a appliqué cet article en concluant que la clause imposée à X... était trop large et nuisait à ses droits, ce qui a conduit à sa nullité.
3. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article, qui traite des clauses de non-concurrence, a également été pris en compte par la Cour pour justifier sa décision sur la nullité de la clause, en soulignant que celle-ci devait être proportionnée et ne pas interdire totalement l'exercice d'une profession.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel a été fondée sur une analyse approfondie des fonctions exercées par X... et sur une interprétation rigoureuse des textes de loi concernant la qualification de cadre et la validité des clauses de non-concurrence. Les arguments des Établissements Moser n'ont pas été retenus, et le pourvoi a été rejeté.