Résumé de la décision
La Cour de cassation a déclaré irrecevable le pourvoi formé par Jérôme X, Georges Y, et la société éditrice du quotidien La Voix du Nord contre un arrêt de la Cour d'appel d'Amiens en date du 13 décembre 1962. Cet arrêt avait annulé un jugement de première instance qui avait déclaré irrecevable l'action en diffamation publique exercée contre les prévenus par plusieurs parties civiles. La Cour d'appel d'Amiens a décidé d'évoquer l'affaire et de joindre l'incident au fond, renvoyant le tout à une audience ultérieure.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du pourvoi : La Cour a souligné que, selon l'article 59 de la loi du 29 juillet 1881, le pourvoi contre les arrêts statuant sur des incidents en matière de diffamation ne peut être formé qu'après un arrêt définitif sur le fond. La Cour a précisé que "le pourvoi contre les arrêts statuant, en matière d'infractions à la loi sur la presse, sur les incidents et exceptions autres que les exceptions d'incompétence, ne peut être formé qu'après l'arrêt définitif rendu sur le fond".
2. Absence de requête : La décision a également noté qu'aucune requête n'avait été déposée pour faire déclarer le pourvoi immédiatement recevable dans l'intérêt de l'ordre public ou d'une bonne administration de la justice, comme le permettaient les articles 570 et 571 du Code de procédure pénale.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur plusieurs textes de loi qui encadrent la procédure en matière de diffamation et les conditions de recevabilité des pourvois :
- Loi du 29 juillet 1881 - Article 59 : Cet article stipule que le pourvoi contre les arrêts en matière d'infractions à la loi sur la presse ne peut être formé qu'après un arrêt définitif sur le fond. Cela signifie que les parties doivent attendre que la Cour ait statué sur l'ensemble de l'affaire avant de pouvoir contester une décision incidente.
- Code de procédure pénale - Articles 570 et 571 : Ces articles prévoient que, lorsque la Cour a statué par un arrêt distinct qui ne met pas fin à la procédure, les parties peuvent saisir le président de la chambre criminelle d'une requête pour faire déclarer leur pourvoi immédiatement recevable. En l'espèce, la Cour a constaté qu'aucune telle requête n'avait été déposée, ce qui a contribué à l'irrecevabilité du pourvoi.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation illustre l'importance de respecter les procédures légales établies pour la recevabilité des pourvois, en particulier dans le contexte des affaires de diffamation, où les délais et les conditions de forme sont strictement encadrés par la loi.