Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Dame X... contre l'arrêt de la Cour d'appel de Lyon, qui avait confirmé qu'il n'existait pas de société de fait entre elle et son concubin Y.... La Cour d'appel a fondé sa décision sur l'absence d'un écrit formel constatant la société, ainsi que sur le fait que les deux concubins n'avaient pas l'intention de fonder une société, malgré leur collaboration dans la gestion d'un fonds de commerce. En conséquence, les héritiers de Y... ont été déclarés seuls propriétaires du fonds de commerce.
Arguments pertinents
1. Absence d'écrit et d'intention de société : La Cour d'appel a rappelé que, selon le principe général, toute société commerciale doit être prouvée par écrit, sauf pour l'association en participation. Elle a constaté qu'il n'y avait pas d'affectio societatis entre Dame X... et Y..., ce qui signifie qu'ils n'avaient pas l'intention de fonder une société. La Cour a déclaré : « Loin d'énoncer que Dame X... avait fait apport de son fonds de commerce à une société de fait, l'arrêt relève que Dame X... se fit immatriculer au registre du commerce... ».
2. Coopération sans affectio societatis : Bien que les concubins aient coopéré à la gestion du fonds, cela ne suffisait pas à établir l'existence d'une société de fait. La Cour a précisé que « si les concubins ont coopéré à la gestion du fonds, il n'existait entre eux aucune affectio societatis ».
3. Propriété du fonds de commerce : Concernant la propriété du fonds de commerce, la Cour a noté que Dame X... avait fondé sa demande sur l'existence d'une société de fait, et non sur les principes d'indivision. Cela a conduit à l'irrecevabilité de son moyen, qui était mélangé de fait et de droit.
Interprétations et citations légales
1. Sur la nécessité d'un écrit pour prouver une société : La décision souligne le principe selon lequel toute société commerciale doit être constatée par écrit, ce qui est conforme à l'article 1832 du Code civil qui stipule que « la société est instituée par un contrat, et elle doit avoir un objet licite ». Ce principe est fondamental pour établir la validité d'une société.
2. Sur l'affectio societatis : La notion d'affectio societatis est essentielle pour déterminer l'existence d'une société de fait. Selon la jurisprudence, cette intention commune de partager les bénéfices et les pertes est indispensable. La Cour a noté qu'« il n'existait entre eux aucune affectio societatis », ce qui a conduit à la conclusion que les concubins n'avaient pas formé de société.
3. Sur la propriété et l'indivision : La Cour a également abordé la question de la propriété du fonds de commerce, notant que la demande de Dame X... était fondée sur l'existence d'une société de fait et non sur les principes d'indivision. Cela fait écho à l'article 815 du Code civil, qui traite de l'indivision, mais qui n'était pas pertinent dans ce cas car la demande de Dame X... ne reposait pas sur ce fondement.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur des principes clairs du droit des sociétés et de la propriété, soulignant l'importance de l'intention et de la preuve écrite dans la formation d'une société.