Résumé de la décision
Dans cette affaire, X... (Angel) a formé un pourvoi contre un arrêt de la Cour d'appel de Besançon du 1er juillet 1964, qui l'avait condamné à réparer les dommages causés à divers riverains suite à des travaux effectués dans le lit d'un cours d'eau sans autorisation. La Cour d'appel a jugé que X... était responsable des dommages, malgré le fait qu'une partie de ceux-ci pouvait être attribuée à des travaux réalisés par l'administration des Ponts et Chaussées. Le pourvoi a été rejeté, la Cour de cassation confirmant la décision de la Cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Responsabilité intégrale : La Cour d'appel a établi que X... était responsable des dommages causés, en raison de l'infraction qu'il avait commise. Elle a souligné que "tout individu déclaré coupable d'une infraction est tenu de réparer pour le tout le préjudice qui en résulte pour une victime à l'encontre de qui aucune faute n'est retenue". Cela implique que la responsabilité civile est engagée indépendamment de la part de responsabilité d'autres acteurs.
2. Absence de distinction entre responsabilités : La Cour a rejeté l'argument selon lequel la responsabilité de X... devrait être atténuée en raison des travaux effectués par l'administration. Elle a affirmé que la circonstance que le dommage ait pu être aggravé par d'autres travaux ne dégageait pas X... de sa responsabilité intégrale.
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1382 : Cet article stipule que "tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer". La Cour a appliqué cet article pour affirmer que la responsabilité de X... était engagée en raison de son infraction, indépendamment des autres facteurs contributifs.
2. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article, bien que moins souvent cité, est pertinent dans le cadre de la responsabilité administrative. Il établit que les actes dommageables peuvent être considérés comme contraventionnels, mais cela ne modifie pas la responsabilité civile de l'auteur de l'infraction.
En somme, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte de la responsabilité civile, où l'auteur d'une infraction est tenu de réparer l'intégralité du dommage causé, sans tenir compte des éventuelles responsabilités partagées. Cette approche vise à protéger les victimes en assurant qu'elles obtiennent réparation, même si d'autres facteurs ont contribué au dommage.