Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Jean X..., gérant de la société Hôtel de Normandie, contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris du 13 janvier 1965. Cet arrêt avait condamné Y..., employé de la société, pour proxénétisme et exploitation irrégulière d'hôtel, déclarant la société civilement responsable et ordonnant la fermeture définitive de l'hôtel. Le pourvoi soutenait que la société ne pouvait être tenue responsable des actes de Y..., qui avait déjà été condamné à deux reprises pour des infractions similaires.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de la société : La Cour a affirmé que la fermeture de l'établissement pouvait être ordonnée même si l'hôtel n'était pas la propriété de Y..., mais de la société. Elle a précisé que « cette mesure de sécurité et de police affecte l'établissement en quelque main qu'il se trouve » et doit être prononcée dès lors que la personne qui l'exploite a été condamnée pour proxénétisme.
2. Application de l'article 34 de l'ordonnance : La Cour a justifié la fermeture définitive de l'établissement en se basant sur le fait que Y... avait déjà été condamné à deux reprises pour proxénétisme, ce qui entraînait de plein droit l'interdiction de participer à l'exploitation d'un hôtel. La Cour a souligné que « ces condamnations entraînent de plein droit aux termes de l'article 34 susvisé l'interdiction de participer à l'exploitation d'un hôtel ».
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes de loi, notamment :
- Ordonnance du 23 décembre 1948 - Article 34 : Cet article stipule que toute personne condamnée pour proxénétisme est interdite d'exploiter un hôtel. La Cour a interprété cet article comme imposant la fermeture définitive de l'établissement, sans qu'il soit nécessaire de constater une récidive, car « ce texte prévoyant en tous cas la fermeture définitive de l'établissement ».
- Code pénal - Article 335 : Cet article concerne les infractions liées au proxénétisme et a été utilisé pour justifier la condamnation de Y... et la responsabilité de la société.
La Cour a ainsi établi que la responsabilité de la société était engagée en raison des actes de son employé, et que la fermeture de l'hôtel était justifiée par les condamnations antérieures de Y..., indépendamment de la propriété de l'établissement. Cela souligne l'importance de la responsabilité civile des entreprises dans le cadre des infractions pénales commises par leurs employés.