Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par X... (Raymond) contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris en date du 30 novembre 1965. X... avait été condamné pour avoir contrevenu à un arrêté préfectoral du 23 novembre 1959, qui imposait la fermeture des boulangeries une fois par semaine. Il avait vendu du pain le 18 novembre 1964, jour de fermeture hebdomadaire de son établissement. La Cour d'appel a accordé des dommages-intérêts à la partie civile et ordonné l'insertion de la décision, ce que la Cour de cassation a confirmé.
Arguments pertinents
1. Application de l'arrêté préfectoral : La Cour a statué que l'arrêté préfectoral s'applique indépendamment de l'emploi de personnel par le boulanger. Elle a affirmé que la fermeture des établissements est une obligation générale pour tous les professionnels de la boulangerie, qu'ils aient ou non des employés.
> "La fermeture des établissements ordonnée par application de l'article 43A du livre II du Code du travail, ne fait pas double emploi avec l'octroi aux salariés d'un jour de repos hebdomadaire."
2. Irrecevabilité de l'argument de X... : La Cour a rejeté l'argument de X... selon lequel il n'employait pas de salarié le jour de l'infraction. Elle a précisé que cette circonstance ne modifie pas l'application de l'arrêté.
> "C'est à bon droit que la Cour d'appel ne s'est pas arrêtée à la circonstance, allégée par X..., que le jour où il a contrevenu à l'arrêté préfectoral, il n'employait pas de salarié."
Interprétations et citations légales
1. Code du travail - Article 43A : Cet article stipule les obligations relatives au repos hebdomadaire des travailleurs. La Cour a interprété cet article comme établissant une obligation de fermeture pour tous les établissements, indépendamment de la présence de salariés.
2. Arrêté préfectoral du 23 novembre 1959 - Article 2 : Cet article précise que la fermeture des boulangeries un jour par semaine vise à assurer le respect de la législation sur le repos hebdomadaire. La Cour a souligné que cet objectif est d'ordre public et doit être respecté par tous les boulangers.
3. Code pénal - Articles 593 et suivants : Ces articles traitent des infractions et des sanctions applicables. La Cour a appliqué ces dispositions pour justifier la condamnation de X... pour infraction à l'arrêté préfectoral.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des textes législatifs et réglementaires, affirmant que les obligations de fermeture s'appliquent à tous les établissements de boulangerie, sans distinction quant à l'emploi de personnel.