Résumé de la décision
Dans cette affaire, X... (prénommé ANGE) a formé un pourvoi contre un arrêt de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence du 25 février 1966, qui l'a condamné à un an d'emprisonnement pour proxénétisme. X... a contesté la compétence de la juridiction pour statuer sur la nullité d'actes de l'information, arguant que la perquisition effectuée à son domicile, qui a servi de fondement à la poursuite, était illégale. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la décision de la Cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction : La Cour de cassation a d'abord examiné le premier moyen de cassation, qui soutenait que la Cour d'appel avait mal jugé en se déclarant incompétente pour statuer sur la nullité de la perquisition. La Cour a rappelé que, selon l'article 174 du Code de procédure pénale, les juridictions correctionnelles ne peuvent annuler des actes de l'information que si la nullité invoquée est spécifiquement prévue par la loi. En conséquence, la prétendue nullité invoquée par X... ne relevait pas des dispositions applicables.
> "Les juridictions correctionnelles ne sont autorisées à annuler des actes de l'information que si la nullité encourue est l'une de celles qui ont été visées à l'article 170 du dit code."
2. Respect des droits de la défense : La Cour a également noté que la perquisition et les saisies effectuées étaient conformes à la commission rogatoire et n'avaient pas porté atteinte aux droits de la défense.
> "Aucune atteinte n'a été portée aux droits de la défense."
3. Mandat de dépôt : Concernant le deuxième moyen, la Cour a reconnu qu'il y avait eu une erreur matérielle dans la délivrance d'un mandat de dépôt alors que X... était absent lors de l'audience. Cependant, elle a jugé que cette erreur ne lui causait pas de préjudice, car il n'avait pas d'intérêt à se prévaloir de cette irrégularité.
> "Le demandeur n'est pas fondé, faute d'intérêt, à se faire un grief de l'erreur ainsi commise."
4. Condamnation pour proxénétisme : Enfin, sur le troisième moyen, la Cour a confirmé la condamnation de X... pour avoir "vécu avec" une personne se livrant à la prostitution, en se fondant sur des témoignages qui établissaient une communauté de vie, malgré les arguments de X... sur le caractère séparé de la résidence de la femme concernée.
> "Il résulte des témoignages recueillis lors de l'enquête que le demandeur vivait maritalement avec la nommée Y... sachant que celle-ci se livrait habituellement à la prostitution."
Interprétations et citations légales
1. Article 174 du Code de procédure pénale : Cet article précise que les juridictions correctionnelles ne peuvent annuler des actes de l'information que dans des cas spécifiques. La Cour a interprété cet article de manière restrictive, limitant les possibilités de contestation des actes d'instruction.
> "Les juridictions correctionnelles ne sont autorisées à annuler des actes de l'information que si la nullité en cours est l'une de celles qui ont été visées à l'article 170 du dit code."
2. Article 465 du Code de procédure pénale : Cet article stipule que le mandat de dépôt peut être délivré contre un prévenu condamné à une peine d'emprisonnement. La Cour a appliqué cet article, tout en reconnaissant l'erreur matérielle dans la délivrance du mandat.
> "La Cour d'appel, ayant prononcé contre le demandeur une peine d'un an d'emprisonnement, a décerné mandat contre ce dernier, par application des dispositions de l'article 465."
3. Article 334 du Code pénal : Cet article concerne le proxénétisme et a été appliqué pour justifier la condamnation de X... pour avoir vécu avec une personne se livrant à la prostitution.
> "La décision de la Cour d'appel, qui a retenu X... dans les liens de la prévention du chef d'infraction aux dispositions de l'article 334, paragraphe 3 du Code pénal est justifiée."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des dispositions du Code de procédure pénale et du Code pénal, affirmant la légitimité des