Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la société Samat à Ginoves, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a été saisie d'une demande en dommages-intérêts pour concurrence déloyale. La cour a déclaré le Tribunal de commerce de Marseille compétent pour connaître de cette demande, malgré les objections de Ginoves. Ce dernier contestait la mention d'un défendeur au contredit qui n'avait pas comparu et soutenait que la compétence du tribunal n'était pas justifiée en raison de son statut de gérant d'une société à responsabilité limitée (SARL). La Cour a rejeté le pourvoi de Ginoves, confirmant la décision de la cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Compétence du Tribunal de commerce : La Cour d'appel a justifié sa décision en affirmant que l'obligation de réparer un dommage causé à un commerçant par un acte de concurrence déloyale est une question commerciale. Elle a précisé que le gérant d'une SARL, même s'il n'est pas lui-même commerçant, peut être jugé devant la juridiction commerciale si les faits allégués sont directement liés à la gestion de la société.
> "L'action dirigée contre Ginoves, pris tant en son nom personnel qu'en sa qualité de gérant de la SOMAR, étant fondée sur le quasi-délit de concurrence déloyale qu'il aurait commis dans l'exercice de ses fonctions de représentant de la société, a été valablement portée devant la juridiction commerciale."
2. Mention d'un défendeur au contredit : La cour a également rejeté l'argument selon lequel la mention d'un défendeur au contredit qui n'avait pas comparu aurait affecté la régularité de la décision. Elle a conclu qu'il n'y avait pas d'erreur dans cette mention.
> "Il ne résulte pas de l'arrêt que cette mention fut erronée."
Interprétations et citations légales
1. Compétence des juridictions commerciales : La décision s'appuie sur l'interprétation de l'article 634 du Code de commerce, qui traite des facteurs et des préposés liés à leur employeur par un contrat de travail. La Cour a élargi cette interprétation pour inclure les gérants de SARL dans le cadre d'actions en concurrence déloyale.
> Code de commerce - Article 634 : "Les actions en responsabilité civile pour concurrence déloyale peuvent être portées devant les juridictions commerciales, même si le défendeur n'est pas personnellement commerçant, tant que les faits sont liés à l'exercice de ses fonctions."
2. Régularité des jugements : La décision souligne que tout jugement doit démontrer sa régularité, mais que la mention d'un défendeur au contredit, même si elle est contestée, ne suffit pas à entacher la décision si aucune erreur n'est prouvée.
> "Tout jugement doit contenir la preuve de sa régularité."
En conclusion, la Cour d'appel a confirmé la compétence du Tribunal de commerce pour traiter des litiges liés à des actes de concurrence déloyale, même lorsque ceux-ci impliquent des gérants de sociétés qui ne sont pas eux-mêmes commerçants. La décision met en lumière l'importance de la gestion de la société dans l'évaluation de la responsabilité des gérants.