Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé l'arrêt de la Cour d'appel de Bourges du 28 avril 1966, qui avait déclaré irrecevable la constitution de partie civile de la Banque Populaire du Berry-Orléanais contre Pierre X... pour émission de chèques sans provision. La Cour a jugé que l'arrêt attaqué avait méconnu les dispositions légales relatives à l'endossement des chèques, en se fondant sur un usage prétendument constant qui ne pouvait prévaloir sur les prescriptions impératives de la loi.
Arguments pertinents
1. Violation des dispositions légales : La Cour a souligné que les prescriptions impératives de la loi ne peuvent être contournées par un usage, même en matière commerciale. Elle a affirmé que l'arrêt attaqué n'indiquait pas que les endossements contenaient une mention impliquant un simple mandat, mais plutôt qu'ils contenaient la mention "en compte", ce qui conférait à la banque la propriété des chèques.
> "LES PRESCRIPTIONS IMPERATIVES DE LA LOI NE PEUVENT ETRE MISES EN ECHEC PAR UN USAGE, MEME EN MATIERE COMMERCIALE."
2. Caractère de l'endossement : La Cour a précisé que l'endossement d'un chèque, en l'absence de mention impliquant un simple mandat, transmet tous les droits résultant du chèque, y compris la propriété de la provision.
> "L'ENDOSSEMENT TRANSMET TOUS LES DROITS RESULTANT DU CHEQUE, ET NOTAMMENT LA PROPRIETE DE LA PROVISION." (Décret-loi du 30 octobre 1935 - Article 17)
Interprétations et citations légales
1. Décret-loi du 30 octobre 1935 - Article 17 : Cet article stipule que l'endossement d'un chèque transmet tous les droits, y compris la propriété de la provision. Cela signifie que la banque, par l'endossement, devient propriétaire des sommes dues par le débiteur du chèque.
2. Décret-loi du 30 octobre 1935 - Article 23 : Cet article précise que l'endossement ne transmet pas la propriété si une mention impliquant un simple mandat est présente. La Cour a noté que l'arrêt attaqué ne démontrait pas que les chèques avaient été endossés avec une telle mention, ce qui aurait pu justifier la position de la Cour d'appel.
3. Charge de la preuve : La Cour a également souligné que les juges du fond avaient inversé la charge de la preuve en se basant sur un usage conventionnel sans établir que les parties avaient voulu déroger à la règle légale.
> "EN DECLARANT QUE LA PREUVE CONTRAIRE N'AVAIT PAS ETE RAPPORTEE A INVERSE LA CHARGE DE LA PREUVE."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance de respecter les dispositions légales en matière d'endossement de chèques et rappelle que les usages ne peuvent pas prévaloir sur la loi. La cassation partielle a permis de renvoyer l'affaire devant la Cour d'appel de Poitiers pour qu'elle statue à nouveau en conformité avec la loi.