Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi de X... (Sosthène), partie civile, contre un arrêt de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, daté du 16 juin 1967. Cet arrêt avait confirmé une ordonnance de refus d'informer du juge d'instruction dans une affaire de faux en écriture authentique et d'usage de faux impliquant Y... (Élisabeth), épouse Z.... La Cour a déclaré le pourvoi recevable et a cassé l'arrêt attaqué, estimant que la Chambre d'accusation n'avait pas respecté les principes juridiques applicables et n'avait pas fourni de base légale à sa décision.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du pourvoi : La Cour a affirmé que, même en l'absence de pourvoi du ministère public, la partie civile est recevable à se pourvoir contre un arrêt de la Chambre d'accusation, conformément à l'article 575-1° du Code de procédure pénale. Cela souligne le droit de la partie civile à contester les décisions qui affectent ses intérêts.
2. Violation des principes juridiques : La Cour a constaté que le juge d'instruction, saisi d'une plainte avec constitution de partie civile, est tenu d'informer comme s'il était saisi par un réquisitoire du procureur de la République. La Chambre d'accusation a erronément conclu qu'il n'y avait pas de préjudice direct et personnel pour la partie civile, ce qui a conduit à une mauvaise application des principes de droit.
> "Il est de principe que le juge d'instruction... est tenu d'informer comme s'il était saisi par un réquisitoire introductif du procureur de la République."
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 85 : Cet article stipule que le juge d'instruction doit informer dans le cadre d'une plainte avec constitution de partie civile. Cela établit une obligation légale pour le juge d'instruction de poursuivre l'examen des faits dénoncés, sauf si des raisons juridiques justifient une non-information.
2. Code de procédure pénale - Article 86 : L'alinéa 3 de cet article précise que le procureur de la République ne peut demander une non-information que si les faits ne peuvent légalement donner lieu à des poursuites. La Chambre d'accusation a mal interprété cette disposition en considérant que les falsifications dénoncées ne pouvaient causer de préjudice à la partie civile.
3. Code civil - Article 1382 : Cet article évoque la responsabilité délictuelle, qui pourrait être engagée en cas de préjudice causé par un acte illicite. La Cour a souligné que le préjudice résultant de la falsification ne peut être écarté a priori, surtout lorsque des éléments de l'infraction sont établis.
4. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article, bien que moins fréquemment cité, concerne les actes authentiques et leur force probante. La Cour a mis en avant que la falsification d'un acte authentique, même si elle ne semble pas causer de préjudice immédiat, doit être examinée avec rigueur, car elle porte atteinte à la confiance dans les actes notariés.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de respecter les droits de la partie civile dans le cadre des procédures pénales et souligne la nécessité d'une application rigoureuse des principes de droit en matière de faux et d'usage de faux.