Résumé de la décision
Dans cette affaire, de Souza-Pinkeiro a été condamné par la Cour d'appel de Paris à six mois d'emprisonnement pour détournement de mineure. Les faits remontent à août 1962, lorsque de Souza-Pinkeiro a recueilli Lucienne X..., une mineure évadée d'un centre de rééducation, et a vécu avec elle jusqu'en décembre 1964. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de de Souza-Pinkeiro, confirmant la décision de la Cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Sur la qualification de détournement de mineure : La Cour a souligné que le délit de détournement de mineure est constitué lorsque le mineur est "sciemment et volontairement entraîné et déplacé par un tiers pendant un certain temps". La Cour a constaté que de Souza-Pinkeiro avait, en pleine connaissance de cause, soustrait Lucienne X... à l'autorité qui avait qualité pour exercer une protection sur elle.
2. Sur l'absence de nécessité d'enlèvement : La Cour a précisé que, contrairement à d'autres dispositions légales, l'article 356 du Code pénal ne requiert pas que le mineur ait été enlevé ou détourné des lieux où il était placé sous l'autorité d'une personne. Il suffit que le mineur ait été entraîné et déplacé, même si ce dernier avait déjà abandonné son domicile.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article 356 du Code pénal : La Cour a interprété cet article comme visant à protéger les mineurs de moins de 18 ans, sans réserve ni restriction. Elle a affirmé que "ce texte qui tend à assurer aux mineures de 18 ans l'entière protection et la sécurité dues à leur jeune âge est conçu en termes généraux".
2. Distinction avec l'article 354 du Code pénal : La Cour a fait une distinction claire entre l'article 356 et l'article 354, en indiquant que "contrairement à l'article 354, il n'exige pas, pour son application, que le mineur ait été enlevé ou détourné des lieux mêmes où l'avaient placé ceux à l'autorité ou à la direction desquels il était soumis ou confié".
3. Constitution du délit : La Cour a conclu que "pour que soit constitué le délit prévu et puni par l'article 356, il suffit que le mineur ait été sciemment et volontairement entraîné et déplacé par un tiers pendant un certain temps", ce qui a été le cas dans cette affaire.
En somme, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des dispositions légales protégeant les mineurs, affirmant la responsabilité de de Souza-Pinkeiro dans le détournement de Lucienne X..., indépendamment des circonstances entourant son évasion.