Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par le Procureur général près la Cour de cassation, visant à casser un jugement du Tribunal de police de Thonon-les-Bains qui avait relaxé l'entreprise X... d'une infraction à l'article 6 du décret du 8 janvier 1965 relatif à la sécurité des travailleurs. Les faits se rapportent à un accident sur un chantier de construction où un ouvrier a chuté à l'intérieur d'un bâtiment en accédant par une ouverture non sécurisée. Le tribunal a estimé que la responsabilité de la sécurité à l'intérieur du bâtiment incombait à l'entrepreneur chargé du gros œuvre, et non à l'entreprise X.... La Cour de cassation a annulé ce jugement, considérant que l'entreprise X... avait l'obligation de prendre des mesures de sécurité conformément à l'article 6 du décret.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de l'entreprise : La Cour a souligné que, bien que certaines mesures de sécurité incombent à l'entrepreneur chargé du gros œuvre, l'entreprise X... avait également des obligations en matière de sécurité. En effet, l'accès à des parties dangereuses de la construction devait être interdit par des dispositifs matériels et une signalisation appropriée.
2. Application stricte de l'article 6 : La Cour a affirmé que l'article 6 du décret impose une obligation stricte à tout chef d'établissement dont le personnel peut accéder à des zones dangereuses. La Cour a précisé que "X... devait en interdire l'accès à ses ouvriers par la signalisation et par les dispositifs matériels appropriés".
Interprétations et citations légales
1. Article 6 du décret du 8 janvier 1965 : Cet article stipule que "lorsque certaines parties d'une construction ne sont pas livrables au service du chantier et que leur accès présente des dangers pour les travailleurs, ces parties doivent être nettement délimitées et visiblement signalées". Cela implique une obligation de sécurité qui s'applique à tous les chefs d'établissement, y compris ceux dont le personnel est exposé à des risques.
2. Article 7 du même décret : Bien que cet article traite des mesures de sécurité à l'intérieur du bâtiment, la Cour a fait une distinction claire en affirmant que les obligations de sécurité imposées par l'article 6 s'appliquent indépendamment des responsabilités spécifiques des différents entrepreneurs sur le chantier.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance de la responsabilité partagée en matière de sécurité sur les chantiers de construction, affirmant que chaque chef d'établissement doit veiller à la protection de ses travailleurs, même si d'autres parties peuvent également être responsables des mesures de sécurité.