Résumé de la décision
La Cour de cassation a statué sur le pourvoi de la dame Y..., épouse X..., contre un arrêt de la Cour d'appel de Rennes, daté du 14 novembre 1968. La Cour d'appel avait condamné la prévenue à deux amendes de 200 francs chacune pour des infractions au Code de la route, ainsi qu'à une suspension de son permis de conduire pendant deux mois. La Cour de cassation a partiellement cassé cette décision, annulant la condamnation relative à une contravention spécifique, tout en maintenant la condamnation pour une autre infraction et la mesure de suspension du permis.
Arguments pertinents
1. Sur la contravention à l'article R 14 du Code de la route : La Cour a jugé que la dame Y... était coupable d'avoir effectué un dépassement dangereux, en ne s'assurant pas qu'elle pouvait le faire sans risque, conformément à l'article R 14 du Code de la route. La Cour a affirmé : "C'EST A BON DROIT QUE LA COUR D'APPEL A DECLARE LA DEMANDERESSE COUPABLE DE LA CONTRAVENTION A L'ARTICLE R 14 DU CODE DE LA ROUTE".
2. Sur la contravention à l'article R 5 du Code de la route : La Cour a noté que la dame Y... avait franchi une ligne médiane continue, ce qui constituait une infraction selon l'ancienne rédaction de l'article R 5. Toutefois, elle a également observé que les modifications apportées par le décret du 5 février 1969, qui ont assoupli les règles concernant le franchissement de lignes, devaient être appliquées rétroactivement. La Cour a conclu que "CE FAIT REPROCHE A LA DAME Y... NE CONSTITUE PLUS UNE INFRACTION SELON LES DISPOSITIONS NOUVELLES DONT ELLE DOIT RETROACTIVEMENT BENEFICIER".
Interprétations et citations légales
1. Article R 14 du Code de la route : Cet article impose à tout conducteur de s'assurer qu'il peut dépasser sans danger. La Cour a souligné que la prévenue avait manqué à cette obligation, ce qui justifiait sa condamnation. La formulation de l'article, tant dans sa version ancienne que dans sa version modifiée, reste claire quant à l'obligation de prudence lors des manœuvres de dépassement.
2. Article R 5 du Code de la route : Le troisième paragraphe de cet article, modifié par le décret du 5 février 1969, stipule que "lorsqu'une voie est délimitée par une ligne discontinue accolée à une ligne continue, le conducteur peut franchir cette dernière si, au début de sa manœuvre, la ligne discontinue se trouve la plus proche de son véhicule". La Cour a noté que, bien que la dame Y... ait franchi la ligne médiane continue, les nouvelles dispositions légales lui accordaient une protection rétroactive, rendant son comportement non constitutif d'infraction.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation illustre l'importance de l'application rétroactive des lois favorables aux prévenus, tout en maintenant la rigueur nécessaire pour les infractions au Code de la route.