Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par X..., accusé d'attentats à la pudeur sans violence sur une mineure de 15 ans, suite à un arrêt de la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Colmar. X... avait contesté le renvoi devant la Cour d'assises, arguant de violations procédurales et de ses droits de défense. La Cour a confirmé que les mémoires devaient être déposés au greffe au plus tard la veille de l'audience, et a jugé que les éléments constitutifs des charges étaient suffisants pour justifier le renvoi.
Arguments pertinents
1. Sur la recevabilité des mémoires : La Cour a statué que la chambre d'accusation avait correctement appliqué l'article 198 du Code de procédure pénale, qui stipule que les mémoires des parties doivent être déposés au greffe au plus tard la veille de l'audience. En l'espèce, le mémoire de l'avocat de X... a été déposé le jour même de l'audience, ce qui a conduit à son écartement. La Cour a affirmé : « En effet, les dispositions dudit article 198 doivent être interprétées en ce sens que pour être recevables, les mémoires des parties doivent être produits, c'est-à-dire déposés au greffe, au plus tard la veille de l'audience. »
2. Sur la présomption d'innocence et l'appréciation des charges : X... a également contesté le fait que la chambre d'accusation ait qualifié la jeune Anette de "jeune victime", ce qui, selon lui, violait son droit à une présomption d'innocence. La Cour a précisé que les chambres d'accusation ont la souveraineté d'apprécier les charges et que les éléments relevés dans l'arrêt justifiaient le renvoi devant la Cour d'assises. Elle a noté que « les faits relevés dans l'arrêt attaqué à les supposer établis, réunissent à la charge de X... les caractères du crime d'attentats à la pudeur sans violence sur la personne d'un enfant de moins de 15 ans. »
Interprétations et citations légales
1. Article 198 du Code de procédure pénale : Cet article précise que les mémoires des parties doivent être déposés au greffe au plus tard la veille de l'audience. La Cour a interprété cet article comme imposant une obligation stricte de respect des délais de dépôt, afin d'assurer une bonne administration de la justice.
2. Article 7 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : Cet article établit le principe de la présomption d'innocence. La Cour a reconnu ce principe tout en affirmant que la qualification de "jeune victime" ne constituait pas une présomption de culpabilité, mais plutôt une reconnaissance des faits allégués, qui devaient être prouvés au cours du procès.
En somme, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des règles de procédure pénale et sur une appréciation souveraine des faits par la chambre d'accusation, confirmant ainsi la régularité de la procédure et le renvoi de l'accusé devant la Cour d'assises.