Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté les pourvois de la demoiselle X... (Suzette) et de la société anonyme Distilleries d'Aquitaine contre un arrêt de la Cour d'appel d'Agen du 6 juillet 1967. Cet arrêt avait condamné la demoiselle X... pour recel et infractions fiscales, et déclaré les Distilleries d'Aquitaine civilement responsables des infractions commises par leurs préposés, Y... et Z..., également condamnés pour fraudes fiscales. La Cour a joint les pourvois en raison de leur connexité.
Arguments pertinents
1. Sur le premier moyen de cassation :
La Cour a statué que la demande de l'administration des contributions indirectes, qui a acquis la relaxe de la société Distilleries d'Aquitaine, ne constituait pas une nouvelle poursuite mais un développement d'argumentation. La Cour a précisé que "la responsabilité pénale découlant de l'article 1805 du Code général des impôts et la responsabilité civile de droit commun se confondent dans leur objet et dans leur cause". Ainsi, le moyen a été écarté.
2. Sur le deuxième moyen de cassation :
La Cour a confirmé que l'excuse absolue prévue par l'article 1805 alinéa 2 du Code général des impôts ne s'appliquait pas dans ce cas. Les juges ont constaté que la société n'avait pas exercé normalement son devoir de surveillance, ce qui a justifié le rejet de l'application de cette excuse. La Cour a noté que "les juges du fond ont valablement écarté l'application du texte susvisé, dès lors qu'ils déniaient au propriétaire de la marchandise d'avoir exercé normalement son devoir de surveillance".
Interprétations et citations légales
1. Article 1805 du Code général des impôts :
- Article 1805-2 : "Le propriétaire de la marchandise, dépositaire ou détenteur est déchargé de toute responsabilité pénale s'il établit qu'il a été victime d'un vol, d'une escroquerie ou d'un abus de confiance, bien qu'il ait rempli normalement tous ses devoirs de surveillance..."
- La Cour a interprété cet article en soulignant que la responsabilité pénale et civile se confondent, mais que la responsabilité pénale conserve un caractère distinct en raison de son aspect répressif.
2. Article 593 du Code de procédure pénale :
- Cet article stipule que les juges doivent répondre à tous les moyens soulevés. La Cour a noté que les juges d'appel avaient bien répondu aux arguments présentés, ce qui a conduit à l'écartement du premier moyen de cassation.
3. Article 105 du Code général des impôts :
- La Cour a également fait référence à cet article pour justifier que la responsabilité civile peut être engagée même si la responsabilité pénale est écartée, en raison de la défaillance dans l'exercice du devoir de surveillance.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation rigoureuse des articles du Code général des impôts et du Code de procédure pénale, affirmant la distinction entre responsabilité pénale et civile tout en reconnaissant leur interconnexion dans le cadre des infractions fiscales.