Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par la société Auberge de la Moutière contre un arrêt de la Cour d'appel d'Amiens, daté du 20 janvier 1969. Cet arrêt avait déclaré la société civilement responsable des conséquences dommageables résultant des blessures involontaires causées par un jeune employé, X..., qui avait été reconnu coupable d'infractions au code de la route. Les faits établissent que X..., employé en tant que chasseur, avait été chargé par un client de garer sa voiture, mais avait causé un accident en effectuant un détour injustifié.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de l'employeur : La Cour a souligné que l'accident s'était produit alors que X... était sous l'autorité de son employeur et dans l'exercice de ses fonctions. La Cour a noté que "les infractions retenues à la charge du mineur ont été commises alors qu'il était sous l'autorité de son employeur et à l'occasion des fonctions qui lui avaient été confiées".
2. Surveillance de l'employeur : La Cour a également relevé que le gérant de la société aurait dû surveiller particulièrement le jeune employé, dépourvu de permis de conduire, et l'empêcher de piloter les voitures des clients. Il a été affirmé que "l'affirmation que l'employeur aurait dû empêcher son jeune préposé de conduire des voitures n'est nullement inconciliable avec la constatation qu'il ne l'a pas fait".
3. Lien de préposition : La Cour a établi que l'acte dommageable ne pouvait pas être dissocié du lien de préposition, affirmant que "X... a pu être, par suite, alors qu'il se trouvait dans l'exercice de sa fonction de chasseur, chargé par un client d'aller garer un véhicule".
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1384 : Cet article stipule que l'employeur est responsable des dommages causés par ses préposés dans l'exercice de leurs fonctions. La Cour a appliqué ce principe en constatant que l'accident était survenu dans le cadre des fonctions de X..., ce qui engageait la responsabilité de la société.
2. Code civil - Article 1382 : Cet article évoque la responsabilité délictuelle, affirmant que toute faute engage la responsabilité de son auteur. La Cour a considéré que la faute de l'employeur, en ne surveillant pas son jeune préposé, était également un facteur contribuant à l'accident.
3. Code de procédure pénale - Article 593 : Cet article traite des voies de recours en matière pénale. Bien que la décision ne se concentre pas directement sur cet article, il est pertinent dans le cadre de la responsabilité civile découlant d'une condamnation pénale.
4. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article aborde les obligations de l'employeur envers ses employés. La Cour a indiqué que l'employeur aurait dû prendre des mesures pour empêcher son préposé de conduire, renforçant ainsi l'idée de la responsabilité de l'employeur.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur l'interprétation des responsabilités de l'employeur vis-à-vis de ses employés et des actes commis dans le cadre de leurs fonctions, affirmant ainsi le principe de la responsabilité civile fondée sur le lien de préposition.