Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par X... (Armand) contre un arrêt de la Cour d'assises du Pas-de-Calais, daté du 4 juillet 1969, qui l'avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat. Le pourvoi contestait la légalité de la composition de la Cour d'assises, en raison de la désignation d'un assesseur, M. Luce, par le président de la Cour d'assises avant l'ouverture de la session, alors que cette désignation aurait dû être faite par le premier président de la Cour d'appel. La Cour de cassation a annulé l'arrêt, déclarant que la présence de M. Luce viciait la composition de la Cour et entraînait la nullité des débats et de la condamnation.
Arguments pertinents
1. Illégalité de la composition de la Cour d'assises : La Cour de cassation a constaté que M. Luce avait été désigné par le président de la Cour d'assises avant l'ouverture de la session, ce qui était contraire aux dispositions légales. En effet, selon l'article 251 du Code de procédure pénale, en cas d'empêchement survenu avant l'ouverture de la session, seul le premier président de la Cour d'appel a la compétence pour procéder à un remplacement.
2. Nullité des débats : La Cour a conclu que la présence illégale de M. Luce viciait la composition de la Cour d'assises, entraînant ainsi la nullité des débats, de la déclaration de la Cour et du jury, ainsi que de l'arrêt de condamnation.
Interprétations et citations légales
La décision repose principalement sur l'interprétation de l'article 251 du Code de procédure pénale, qui stipule :
- Code de procédure pénale - Article 251 : « En cas d'empêchement survenu avant l'ouverture de la session, les assesseurs de la Cour d'assises sont remplacés par ordonnance du premier président ; si l'empêchement survient au cours de la session, les assesseurs sont remplacés par ordonnance du président de la Cour d'assises. »
Cette disposition impose une distinction claire entre les situations d'empêchement avant et pendant la session, excluant tout mode de remplacement autre que celui prévu par la loi. La Cour de cassation a souligné que les termes impératifs de cet article excluent toute interprétation qui permettrait au président de la Cour d'assises de procéder à un remplacement avant l'ouverture de la session.
En conséquence, la Cour a affirmé que la désignation de M. Luce par le président de la Cour d'assises était illégale, ce qui a conduit à la nullité des débats. Cette décision met en lumière l'importance du respect des règles de procédure pénale et de la composition légale des juridictions, garantissant ainsi un procès équitable.