Résumé de la décision
Dans cette affaire, une action en divorce avait été introduite par DAME X..., épouse Y..., devant le Tribunal de Grande Instance d'Alger. Après une enquête ordonnée par le tribunal, Y... a demandé le transfert de l'affaire à une juridiction française, ce qui a été effectué. Par la suite, Y... a assigné son épouse devant le Tribunal de Grande Instance de Marseille, demandant la déclaration de la péremption de l'instance. La Cour d'appel a débouté Y... en considérant que sa demande de transfert constituait un "acte valable" au sens de l'article 399 du Code de procédure civile, et que moins de trois ans s'étaient écoulés depuis cet acte. La Cour de cassation a annulé cet arrêt, estimant que la demande de transfert ne pouvait pas être considérée comme un acte valable pour interrompre la péremption.
Arguments pertinents
1. Nature de l'acte : La Cour de cassation a souligné que la demande de transfert d'affaire formulée par Y... ne constitue pas un "acte valable" au sens de l'article 399 du Code de procédure civile, car elle ne manifeste pas une volonté de poursuivre l'instance mais plutôt de dessaisir la juridiction algérienne. La décision précise : "la demande de transfert de l'affaire... ne constitue pas un tel acte".
2. Délai de péremption : La Cour a également noté que, conformément à l'article 399, la péremption d'instance ne peut être couverte que par des actes valables. En l'espèce, la demande de transfert n'interrompt pas le délai de péremption, car elle ne vise pas à poursuivre le litige mais à le transférer.
Interprétations et citations légales
1. Article 399 du Code de procédure civile : Cet article stipule que "la péremption d'instance se couvre par les 'actes valables' faits par l'une ou l'autre des parties avant la demande en péremption". La Cour de cassation a interprété cet article en précisant que seuls les actes qui manifestent une volonté de poursuivre l'instance peuvent être considérés comme valables.
2. Article 17 du Protocole judiciaire franco-algérien : Les alinéas 1 et 6 de cet article précisent les conditions de transfert des affaires entre juridictions françaises et algériennes. La Cour a souligné que la demande de transfert, bien qu'elle soit une procédure légale, ne constitue pas un acte de nature à couvrir la péremption.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a mis en lumière la distinction entre les actes qui interrompent la péremption et ceux qui ne font que modifier la compétence juridictionnelle, affirmant ainsi que la volonté de dessaisir une juridiction ne peut pas être assimilée à une volonté de poursuivre un litige.