Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant X... (Rose) veuve Y... à la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, la Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi concernant un arrêt du 4 février 1969. Cet arrêt avait condamné la prévenue pour défaut de permis de construire à une amende de 200 francs et à la démolition de constructions irrégulières. La Cour de cassation a constaté que l'infraction était amnistiée en vertu de la loi du 30 juin 1969, éteignant ainsi l'action publique. Cependant, elle a annulé la décision de démolition, arguant que la Cour d'appel n'avait pas respecté les formalités substantielles prévues par le Code de l'urbanisme.
Arguments pertinents
1. Amnistie de l'infraction : La Cour de cassation a d'abord constaté que le fait reproché à la prévenue constituait un délit pour lequel seule une peine d'amende était encourue. Étant donné que l'infraction avait été constatée avant le 20 juin 1969, elle était amnistiée, ce qui a conduit à l'extinction de l'action publique. La Cour a affirmé : « l'action publique est dès lors éteinte ».
2. Violation des formalités substantielles : Concernant la démolition des constructions, la Cour a relevé que l'arrêt attaqué ne mentionnait pas l'accomplissement des formalités prévues par l'article 104 du Code de l'urbanisme. Cet article stipule que les juges correctionnels ne peuvent ordonner la démolition qu'après avoir pris en compte les observations écrites du préfet ou après audition de ce dernier. La Cour a noté : « ces prescriptions sont substantielles » et a conclu que l'absence de mention de ces formalités dans l'arrêt constituait une violation des dispositions légales.
Interprétations et citations légales
1. Amnistie : La loi du 30 juin 1969 portant amnistie a pour effet d'éteindre l'action publique pour les infractions constatées avant sa promulgation, lorsque celles-ci ne sont punies que par une amende. Cela est fondamental pour protéger les droits des prévenus en cas de changement législatif.
2. Code de l'urbanisme - Article 104 : Cet article impose des conditions strictes pour que les juges puissent ordonner la démolition de constructions irrégulières. Il stipule que : « Les juges correctionnels ne peuvent statuer sur la démolition des ouvrages irrégulièrement construits qu'au vu des observations écrites du préfet ou après audition de ce haut fonctionnaire ou d'un fonctionnaire délégué par lui ». Cette exigence vise à garantir que les décisions de démolition soient prises en tenant compte des avis administratifs, ce qui est essentiel pour assurer une application juste et équilibrée des lois d'urbanisme.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance du respect des formalités légales dans le cadre des procédures de démolition, ainsi que l'effet protecteur de l'amnistie sur les infractions mineures.