Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé contre un arrêt de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui avait confirmé la décision d'expulsion d'un occupant sans droit ni titre d'une parcelle de terrain, propriété de la société Fournial. Cette dernière avait été reconnue comme propriétaire par un arrêt irrévocable antérieur. L'acquéreur de la parcelle, X..., avait appelé en garantie la société Collomp, son vendeur, qui avait tenté de contester la revendication de Fournial. La Cour a jugé que la société Collomp ne pouvait pas invoquer des moyens déjà rejetés par une décision irrévocable et que les conditions d'une erreur commune n'étaient pas établies.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'argument de la société Collomp : La Cour a affirmé que la société Collomp, appelée en garantie par son sous-acquéreur, ne pouvait pas opposer à Fournial des moyens tirés du défaut de qualité du propriétaire, déjà rejetés par une décision antérieure. La Cour a précisé : « [...] elle ne peut cependant soutenir à leur place (et de leur chef) ceux qui ont été rejetés par l'arrêt du 17 décembre 1963. »
2. Conditions de l'erreur commune : Concernant la défense de la société Collomp sur la base de l'apparence, la Cour a constaté que les conditions d'une erreur commune n'étaient pas réunies. Elle a noté que « le titre de la société Collomp comportait l'énumération des biens vendus, parmi lesquels ne figurait pas celui qui a été cédé aux consorts X... », ce qui a conduit à la conclusion que l'erreur commune n'était pas établie.
Interprétations et citations légales
1. Autorité de la chose jugée : La décision de la Cour d'appel repose sur le principe de l'autorité de la chose jugée, qui empêche de rouvrir des débats sur des questions déjà tranchées par une décision irrévocable. Cela est fondé sur le Code civil - Article 1355, qui stipule que « les jugements rendus en dernier ressort ont autorité de la chose jugée ».
2. Erreur commune : La notion d'erreur commune, qui pourrait permettre à un garant de revendiquer des droits au nom de son garant, est également encadrée par le Code civil. La Cour a rappelé que ce moyen est personnel et ne peut être invoqué que par celui qui en est la victime. Cela se réfère à la jurisprudence qui précise que l'erreur doit être partagée et non simplement présumée.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel a été validée par la Cour de cassation, qui a confirmé que les arguments de la société Collomp étaient infondés tant sur le plan de l'autorité de la chose jugée que sur celui de l'erreur commune.