Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Mimi transports a été mise en redressement judiciaire, et un plan de redressement a été arrêté par le tribunal de commerce de Bastia, prévoyant la cession de son entreprise à deux sociétés. Le commissaire à l'exécution du plan a demandé une interprétation concernant le prix de cession du parc de véhicules, spécifiquement s'il devait être entendu hors taxes ou toutes taxes comprises. Les cessionnaires ont contesté la décision qui stipulait que le prix de cession de 1 400 000 francs s'entendait hors taxes. La cour d'appel a rejeté leur pourvoi, confirmant que le prix s'entendait hors taxes, en se fondant sur l'usage commercial.
Arguments pertinents
1. Usage commercial : La cour d'appel a retenu qu'en l'absence de mention explicite dans l'offre de cession, le prix s'entendait hors taxes, conformément à un usage constant entre commerçants. Cela signifie que, par défaut, les prix sont considérés hors taxes à moins qu'une convention contraire ne soit stipulée.
2. Interprétation des conventions : Les cessionnaires ont soutenu que, selon l'article 1593 du Code civil, la charge de la TVA incombe au vendeur, et que le prix stipulé devrait être considéré comme toutes taxes comprises. Cependant, la cour a interprété que l'absence de mention explicite dans l'offre de cession et l'absence de convention contraire justifiaient la décision de considérer le prix comme hors taxes.
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1593 : Cet article stipule que "le prix est la chose qui est due par l'acheteur au vendeur". Les cessionnaires ont argué que, sauf convention expresse, la TVA devait être à la charge du vendeur. Toutefois, la cour a interprété que l'absence de mention dans l'offre de cession et l'usage commercial prévalent.
2. Code civil - Article 1134 : Cet article précise que "les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites". Les cessionnaires ont fait valoir que l'intention des parties ne pouvait pas être déduite d'un rapport d'expert. La cour a rejeté cet argument, affirmant que l'absence de précision dans l'offre de cession et l'usage commercial suffisaient à justifier que le prix était hors taxes.
En conclusion, la cour d'appel a légitimement fondé sa décision sur l'usage commercial et l'absence de mention explicite dans l'offre de cession, confirmant ainsi que le prix de 1 400 000 francs devait être entendu hors taxes. Le pourvoi a été rejeté.