Résumé de la décision
La Cour de Cassation a été saisie d'un pourvoi formé par Mme Nicole X... contre un jugement du conseil de prud'hommes du Mans, qui avait accueilli la demande reconventionnelle de la Société européenne d'éditions d'annuaires (SEEA) concernant la fixation du salaire de Mme X... à 7 000 francs bruts mensuels. Mme X... contestait cette décision, arguant que le document du 3 février 1995 stipulait que l'augmentation de salaire interviendrait "dès le 2e mois" sans référence à la période d'essai. La Cour a cassé le jugement du conseil de prud'hommes, estimant qu'il avait dénaturé les termes clairs et précis de la lettre signée par les parties.
Arguments pertinents
1. Intention commune des parties : Le jugement du conseil de prud'hommes a été fondé sur l'idée que la lettre du 3 février 1995 exprimait une volonté commune de modifier le contrat de travail. Cependant, la Cour a souligné que cette interprétation était erronée, car la lettre stipulait clairement que l'augmentation de salaire interviendrait "dès le 2e mois", ce qui ne faisait pas référence à la période d'essai.
2. Dénaturation des termes : La Cour a constaté que le conseil de prud'hommes avait dénaturé les termes de la lettre en affirmant qu'elle modifiait le contrat de travail. La Cour a précisé que "la lettre du 3 février 1995 signée par les deux parties stipulait que l'augmentation de rémunération qu'elle prévoyait interviendrait 'dès le deuxième mois', sans faire référence à la période d'essai".
Interprétations et citations légales
1. Article 1134 du Code civil : Cet article stipule que "les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites". La Cour a appliqué cet article pour souligner que les termes de la lettre signée par les parties devaient être interprétés selon leur sens clair et précis, sans déformation.
2. Droit à une rémunération conforme : La décision met en lumière le principe selon lequel un salarié a droit à une rémunération conforme aux termes de son contrat de travail. La Cour a rappelé que la volonté des parties, telle qu'exprimée dans le document de 3 février 1995, ne pouvait être modifiée sans un accord explicite et clair.
En conclusion, la décision de la Cour de Cassation rappelle l'importance de respecter les termes clairs des contrats et des accords entre employeurs et employés, en se basant sur l'intention commune des parties telle qu'elle est exprimée dans les documents signés.