Résumé de la décision
Mme A B a déposé une requête le 22 juin 2023 auprès du tribunal administratif pour demander l'annulation de la dette qui lui est imputée suite à l'enlèvement et à la garde de son véhicule par la société Entre Deux Mers Dépannage. Le tribunal a rejeté sa requête, considérant qu'elle ne relevait pas de la compétence de la juridiction administrative, mais plutôt de celle des tribunaux judiciaires, en raison de la nature de la mise en fourrière comme opération de police judiciaire.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction administrative : Le tribunal a statué que les litiges relatifs aux décisions de mise en fourrière et à leurs conséquences pécuniaires relèvent de la compétence des tribunaux judiciaires. Cela est fondé sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, qui permet de rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
2. Nature de la mise en fourrière : La mise en fourrière d'un véhicule est considérée comme une opération de police judiciaire, ce qui implique que les litiges associés doivent être traités par les tribunaux judiciaires. Le tribunal a cité l'article L. 325-9 du code de la route, qui stipule que "les frais d'enlèvement, de garde en fourrière, d'expertise et de vente ou de destruction du véhicule sont à la charge du propriétaire".
Interprétations et citations légales
1. Compétence des juridictions : L'article R. 222-1 du code de justice administrative précise que les présidents de tribunal administratif peuvent rejeter les requêtes qui ne relèvent pas de leur compétence. Dans ce cas, le tribunal a conclu que la requête de Mme B ne relevait pas de la compétence administrative, car les questions de mise en fourrière sont de nature judiciaire.
2. Mise en fourrière comme opération de police judiciaire : Selon l'article L. 325-1 du code de la route, la mise en fourrière peut être ordonnée pour des véhicules en infraction, et les frais associés sont à la charge du propriétaire. L'article R. 325-12 précise que la mise en fourrière est un transfert d'un véhicule en un lieu désigné par l'autorité administrative, ce qui renforce l'idée que ces décisions relèvent de la compétence judiciaire.
3. Responsabilité du propriétaire : L'article L. 325-9 du code de la route établit clairement que les frais liés à l'enlèvement et à la garde d'un véhicule sont à la charge du propriétaire, ce qui souligne la responsabilité de Mme B dans cette situation.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Bordeaux a été fondée sur une interprétation claire des textes de loi, établissant que les litiges relatifs à la mise en fourrière d'un véhicule doivent être portés devant les tribunaux judiciaires, et non administratifs.