Résumé de la décision
Mme A B a déposé une requête le 4 juin 2024, demandant au juge des référés de lui restituer 4 points sur son permis de conduire, suite à un stage effectué en janvier 2024. Cette demande fait suite à une décision du ministre de l'intérieur du 29 novembre 2023, qui a constaté la perte de validité de son permis pour solde de points nul. Le juge des référés a rejeté la requête de Mme B, considérant que la demande de restitution de points ne relevait pas de sa compétence et qu'aucune situation d'urgence n'était établie.
Arguments pertinents
1. Incompétence du juge des référés : Le juge a souligné que la demande de restitution de points ne correspond pas aux mesures que le juge des référés peut ordonner en vertu de l'article R 532-1 du code de justice administrative. Il a précisé que cette demande vise à mettre fin aux effets d'une décision administrative contestée, ce qui dépasse le cadre des mesures provisoires. Il a déclaré : « Le prononcé d'une telle mesure [...] n'est pas au nombre de celles que le juge peut ordonner en application de l'article R 532-1 du code de justice administrative. »
2. Absence d'urgence : Même si la demande était interprétée comme fondée sur l'article L 521-1 du code de justice administrative, le juge a noté que Mme B n'a pas démontré l'existence d'une situation d'urgence. Il a affirmé que « la requérante ne fait état d'aucun moyen permettant de caractériser l'existence d'une situation d'urgence. »
3. Validité de la décision contestée : Le juge a également rappelé que la décision du ministre de l'intérieur n'avait pas été annulée, abrogée ou retirée à la date de l'ordonnance. Par conséquent, il ne pouvait pas faire droit à la demande de restitution de points sans faire obstacle à cette décision. Il a conclu que « le juge des référés ne saurait, sans faire obstacle à cette décision, faire droit aux conclusions de l'intéressée tendant à la restitution de ces points. »
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L 511-1 : Cet article stipule que le juge des référés statue par des mesures provisoires et n'est pas saisi du principal. Cela souligne la nature temporaire des décisions en référé, qui ne peuvent pas porter sur des mesures ayant un impact définitif sur les droits des parties.
2. Code de justice administrative - Article R 532-1 : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures utiles d'expertise ou d'instruction, mais ne couvre pas les demandes visant à annuler ou suspendre des décisions administratives. Le juge a précisé que « les conclusions de Mme B fondées sur l'application de ces dispositions sont ainsi manifestement mal fondées. »
3. Code de justice administrative - Article L 521-1 : Cet article permet la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence est justifiée et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Le juge a noté l'absence de moyens justifiant l'urgence, ce qui a conduit au rejet de la demande.
4. Code de justice administrative - Article L 522-3 : Cet article permet au juge des référés de rejeter une requête par ordonnance motivée sans instruction contradictoire. Le juge a utilisé cette disposition pour conclure que la requête de Mme B ne pouvait qu'être rejetée.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des compétences et des conditions d'urgence prévues par le code de justice administrative, ainsi que sur la validité de la décision administrative contestée.