Résumé de la décision
Mme C B a déposé une requête le 11 mars 2024, demandant au juge des référés d'ordonner une expertise pour évaluer les préjudices liés à un défaut de stérilisation du matériel utilisé lors de soins dentaires en février 2023. Elle a également demandé la fixation d'une provision pour les honoraires de l'expert et la réservation des frais irrépétibles et des dépens. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que l'existence d'un préjudice et le lien de causalité avec les soins dentaires n'étaient pas établis, et que d'autres moyens d'évaluation des préjudices étaient possibles.
Arguments pertinents
1. Utilité de l'expertise : Le juge des référés a souligné que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée à son caractère utile. Il a noté que "l'existence d'un préjudice et d'un lien de causalité entre ce préjudice et les soins dentaires subis en février 2023 ne sont manifestement pas établis".
2. Possibilité d'autres moyens d'évaluation : Le juge a également indiqué qu'il n'était pas démontré que la requérante ne pourrait pas obtenir l'évaluation de ses préjudices par d'autres moyens, ce qui a conduit à la conclusion que la demande d'expertise ne revêtait pas le caractère d'utilité requis.
3. Compétence du juge du fond : Le juge a rappelé que "le juge du fond, éventuellement saisi, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction", ce qui souligne que la question de l'expertise pourrait être examinée ultérieurement dans le cadre d'une procédure de fond.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction." Cela établit le cadre juridique permettant au juge des référés d'ordonner une expertise, mais souligne également que cette mesure doit être justifiée par son utilité.
2. Caractère d'utilité de l'expertise : Le juge a précisé que "la prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure." Cela implique que le juge doit évaluer si la mesure demandée est réellement nécessaire pour éclairer la situation.
3. Absence de préjudice établi : La décision a mis en avant que "l'existence d'un préjudice et d'un lien de causalité entre ce préjudice et les soins dentaires subis en février 2023 ne sont manifestement pas établis", ce qui est crucial pour justifier le rejet de la demande d'expertise.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une évaluation rigoureuse de l'utilité de l'expertise demandée, en tenant compte de l'absence de preuve d'un préjudice et de la possibilité d'autres moyens d'évaluation.