Résumé de la décision
Mme B A a saisi le tribunal administratif pour contester le rejet implicite de sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018 par le maire de Marseille. Elle a demandé l'annulation de cette décision et l'enjoindre à réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le délai pour contester une décision implicite de rejet est de deux mois à compter de la date à laquelle cette décision est née. En l'espèce, la décision implicite de rejet est née le 21 avril 2022, et Mme A avait jusqu'au 21 juin 2022 pour former son recours. Sa requête, enregistrée le 12 juillet 2022, est donc tardive.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des règles spécifiques concernant l'accusé de réception des demandes, ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même en l'absence d'accusé de réception, le délai de recours court à partir de la naissance de la décision implicite.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cette disposition est cruciale pour déterminer le moment à partir duquel le délai de recours commence à courir.
2. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration précise que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela signifie que les agents publics doivent être attentifs à la date à laquelle leur demande est soumise, car le délai de recours est strict et ne dépend pas de la réception d'un accusé.
3. Non-applicabilité des articles L. 112-3 et L. 112-6 : Le tribunal a rappelé que "ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code [...] ni celles de son article L. 112-6". Cela souligne que les agents publics doivent suivre des règles spécifiques concernant les délais de recours, indépendamment des protections accordées aux citoyens dans leurs interactions avec l'administration.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours applicables aux agents publics, confirmant ainsi l'importance de respecter ces délais pour garantir l'accès à la justice administrative.