Résumé de la décision
Mme B A a saisi le tribunal administratif pour contester la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a demandé l'annulation de cette décision et l'enjoindre à la commune de réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le silence de l'administration sur une demande vaut décision de rejet, et que le délai de recours est de deux mois à compter de cette décision implicite. En l'espèce, le silence du maire sur la demande de Mme A a créé une décision implicite de rejet le 14 avril 2022, et le délai pour contester cette décision a expiré le 14 juin 2022. La requête de Mme A, enregistrée le 18 juillet 2022, était donc tardive.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a également précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des protections pour les demandeurs en matière d'accusé de réception, ne s'appliquent pas aux agents publics. Cela signifie que l'absence d'accusé de réception ne suspend pas le délai de recours.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cette disposition est cruciale pour déterminer le point de départ du délai de recours.
2. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration précise que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela renforce l'idée que le délai de recours est inéluctablement lié à la naissance de la décision implicite, indépendamment de la réception d'un accusé.
3. Exclusion des protections pour les agents publics : Le tribunal a rappelé que les articles L. 112-3 et L. 112-6 ne s'appliquent pas aux agents publics, ce qui est fondamental pour comprendre pourquoi Mme A ne pouvait pas invoquer l'absence d'accusé de réception pour justifier son retard.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours applicables aux agents publics, confirmant ainsi la nécessité de respecter les délais impartis pour contester les décisions implicites de rejet.