Résumé de la décision
M. A B a saisi le tribunal administratif pour annuler la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Il a également demandé une injonction à la commune de Marseille pour réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté la requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été introduite après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du Code de justice administrative, le silence de l'administration sur une demande vaut décision de rejet après un délai de deux mois. M. B a déposé sa demande le 28 février 2022, et le silence du maire a engendré une décision implicite de rejet le 28 avril 2022. Par conséquent, M. B avait jusqu'au 28 juin 2022 pour contester cette décision, mais sa requête a été enregistrée le 13 juillet 2022, ce qui la rend tardive.
2. Inapplicabilité des dispositions du Code des relations entre le public et l'administration : Le tribunal a précisé que les articles L. 112-3 et L. 112-6 du Code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des protections pour les demandes non accusées de réception, ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, le délai de recours court indépendamment de l'absence d'accusé de réception.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du Code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cela signifie que le délai de recours est strict et doit être respecté par les agents publics.
2. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration précise que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cette disposition renforce l'idée que les agents publics doivent être vigilants quant aux délais de recours, même en l'absence d'accusé de réception.
3. Inapplicabilité des protections pour le public : Le tribunal a rappelé que "les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics", ce qui signifie que les agents ne bénéficient pas des mêmes protections que les citoyens dans leurs interactions avec l'administration.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours et des dispositions légales applicables aux agents publics, soulignant l'importance de respecter ces délais pour garantir l'accès à la justice administrative.