Résumé de la décision
Mme B A a saisi le tribunal administratif pour annuler la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a également demandé une injonction à la commune de Marseille pour réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du Code de justice administrative, le silence de l'administration sur une demande vaut décision de rejet, et que le délai de recours est de deux mois à compter de cette décision implicite. En l'espèce, le silence du maire sur la demande de Mme A a créé une décision implicite de rejet le 15 avril 2022, et le délai pour contester cette décision a expiré le 15 juin 2022. La requête de Mme A, enregistrée le 19 juillet 2022, est donc tardive.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du Code des relations entre le public et l'administration ne s'appliquent pas aux agents publics, ce qui signifie que l'absence d'accusé de réception de la demande ne suspend pas le délai de recours.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du Code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cela signifie que le délai de recours est strict et commence à courir dès la naissance de la décision implicite, indépendamment de la réception d'un accusé.
2. Relations entre l'administration et ses agents : L'article L. 112-2 du Code des relations entre le public et l'administration précise que "ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code", ce qui exclut les protections habituelles accordées aux citoyens dans leurs interactions avec l'administration. Cela renforce l'idée que les agents publics doivent respecter des délais de recours spécifiques, sans bénéficier des mêmes protections que les citoyens ordinaires.
3. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du Code des relations entre le public et l'administration établit que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela confirme que le silence de l'administration a des conséquences juridiques directes et que les agents doivent être vigilants quant aux délais de recours.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours applicables aux agents publics, soulignant l'importance de respecter ces délais pour garantir l'efficacité des recours contentieux.