Résumé de la décision
Mme B A épouse C, fonctionnaire territoriale, a demandé l'annulation d'une décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a également demandé une injonction à la commune de Marseille pour réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le délai pour former un recours contre une décision implicite de rejet est de deux mois à compter de la date à laquelle cette décision est née. En l'espèce, la décision implicite de rejet est née le 8 mai 2022, et la requête de Mme A, enregistrée le 28 juillet 2022, était donc tardive.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des règles concernant l'accusé de réception des demandes, ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même sans accusé de réception, le délai de recours court à partir de la naissance de la décision implicite.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cela signifie que le délai de recours est strict et ne peut être prolongé par l'absence d'accusé de réception.
2. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration précise que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cette disposition renforce l'idée que les agents publics doivent être vigilants quant aux délais de recours, même en l'absence de communication formelle de l'administration.
3. Inapplicabilité des articles L. 112-3 et L. 112-6 : Le tribunal a rappelé que "ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code [...] ni celles de son article L. 112-6". Cela souligne que les agents publics ne bénéficient pas des protections accordées aux citoyens dans leurs interactions avec l'administration, ce qui impose une rigueur dans le respect des délais.
En conclusion, la décision du tribunal met en lumière l'importance du respect des délais de recours dans les relations entre les agents publics et l'administration, ainsi que l'inapplicabilité de certaines protections administratives dans ce contexte.