Résumé de la décision
Mme A B a saisi le tribunal administratif pour annuler la décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Elle a également demandé une injonction à la commune de Marseille pour réexaminer sa situation. Le tribunal a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, considérant qu'elle avait été déposée après l'expiration du délai de recours de deux mois suivant la naissance de la décision implicite de rejet.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, le silence de l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet. Mme B avait jusqu'au 23 juin 2022 pour contester cette décision, mais sa requête a été enregistrée le 6 décembre 2022, soit après l'expiration de ce délai.
2. Inapplicabilité des dispositions générales : Le tribunal a précisé que les articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient des règles spécifiques sur l'accusé de réception des demandes, ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même sans accusé de réception, le délai de recours court à partir de la naissance de la décision implicite.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours pour les agents publics : L'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration stipule que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela signifie que les agents publics doivent respecter ce délai, indépendamment de la réception d'un accusé de réception.
2. Irrecevabilité de la requête : En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal peut rejeter les requêtes manifestement irrecevables. Dans ce cas, le tribunal a appliqué le 4° de cet article, considérant que la requête de Mme B était tardive et donc irrecevable.
3. Absence d'accusé de réception : Le tribunal a rappelé que, selon l'article R. 421-2 du code de justice administrative, "la date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête". Cela souligne l'importance de la preuve de la date de la demande, même en l'absence d'un accusé de réception.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des délais de recours applicables aux agents publics, confirmant que le respect de ces délais est essentiel pour la recevabilité des requêtes.