Résumé de la décision
Les sociétés SAS Rodeo Drive et SARL Ricanna ont déposé une requête le 18 mars 2024 pour demander la suspension de l'arrêté du maire de Manosque, daté du 13 novembre 2023, qui accordait un permis de construire à la SCI Spelmam pour un établissement de restauration rapide. Elles ont également demandé que les frais de justice soient mis à la charge de la partie perdante. Le juge des référés a rejeté la requête, considérant que les requérantes n'avaient pas démontré l'urgence de leur demande.
Arguments pertinents
1. Intérêt à agir : Les requérantes affirment disposer d'un intérêt leur donnant qualité pour agir contre la décision contestée, ce qui est un prérequis pour toute action en justice.
2. Doute sérieux quant à la légalité : Elles soutiennent qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté, ce qui pourrait justifier la suspension de son exécution.
3. Condition d'urgence : Le juge a constaté que les sociétés requérantes n'ont pas fourni d'éléments concrets pour établir l'urgence de leur demande. Il a précisé que "la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un moyen créant un doute sérieux quant à la légalité de la décision. La décision souligne que "le juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue."
2. Article L. 522-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable ou mal fondée. Le juge a appliqué cette disposition pour rejeter la requête, en indiquant que "la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'absence de preuve d'urgence de la part des requérantes, ce qui a conduit à un rejet de leur demande de suspension de l'arrêté contesté.