Résumé de la décision
M. C B, ressortissant marocain, a demandé au juge des référés d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à la clôture de sa demande de changement d'adresse, en raison de l'absence de réponse de l'administration depuis sa demande du 17 octobre 2022. Le juge a rejeté la requête, considérant que le silence de l'administration avait entraîné une décision implicite de rejet, ce qui faisait obstacle à l'octroi de mesures utiles sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Silence de l'administration : Le juge a constaté que le silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois sur la demande de changement d'adresse de M. B a entraîné une décision implicite de rejet. Cela est conforme à l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui stipule que "le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation", sauf dans certains cas.
2. Inadéquation de la demande : En raison de cette décision implicite de rejet, la demande de M. B ne pouvait pas être considérée comme recevable pour le juge des référés, car elle ne remplissait pas les conditions nécessaires pour ordonner des mesures utiles. Le juge a précisé que "la demande de M. B présentée devant le juge des référés fait obstacle au prononcé de mesures utiles".
3. Absence d'urgence : Bien que le juge n'ait pas eu besoin de se prononcer sur l'urgence ou l'utilité des mesures sollicitées, le rejet de la requête était déjà justifié par le fait que la demande ne pouvait pas être accueillie en raison de la décision implicite de rejet.
Interprétations et citations légales
1. Code des relations entre le public et l'administration - Article L. 231-1 : Cet article établit que "le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation". Cependant, il existe des exceptions, comme le précise l'article L. 231-4, qui stipule que le silence peut valoir décision de rejet dans certains cas, notamment lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire.
2. Code de justice administrative - Article L. 521-3 : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. Toutefois, le juge doit s'assurer que la demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, et qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Cet article permet au juge des référés de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable ou mal fondée. Dans ce cas, le juge a appliqué cette disposition en considérant que la demande de M. B était mal fondée en raison de la décision implicite de rejet.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'application stricte des règles de procédure administrative, notamment en ce qui concerne le silence de l'administration et les conséquences qui en découlent.