Résumé de la décision
Mme A B a saisi le juge des référés pour demander l'injonction à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ainsi que la délivrance d'un récépissé ou d'un document attestant de la régularité de sa situation administrative, sous astreinte de 100 euros par jour. La préfète a contesté cette demande en indiquant que Mme B avait été convoquée pour le 21 mai 2024, ce qui a conduit le juge à considérer que les demandes d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet. En revanche, le juge a ordonné à l'État de verser 1 000 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : La préfète a fait valoir que la convocation de Mme B pour le 21 mai 2024 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour rendait la condition d'urgence non remplie. Le juge a constaté que Mme B n'avait pas contesté la tenue de ce rendez-vous ni l'enregistrement de sa demande, ce qui a conduit à la conclusion que les demandes d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet.
2. Droit à l'indemnisation : Malgré le rejet des demandes d'injonction, le juge a reconnu le droit de Mme B à une indemnisation, en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en raison des circonstances de l'espèce.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même sans décision administrative préalable. La décision souligne que "le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision", ce qui établit le cadre d'intervention du juge en matière d'urgence.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article prévoit que "la partie qui perd le procès peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens". Le juge a appliqué cet article pour ordonner à l'État de verser 1 000 euros à Mme B, reconnaissant ainsi le droit à une compensation pour les frais engagés dans le cadre de la procédure.
En conclusion, la décision met en lumière l'importance de la condition d'urgence dans les demandes d'injonction en référé, tout en affirmant le droit à indemnisation des parties ayant engagé des frais dans le cadre d'une procédure administrative.