Résumé de la décision
M. A D a demandé l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur du 28 avril 2021, qui rejetait son recours contre la décision du préfet de Meurthe-et-Moselle du 17 novembre 2020, ajournant sa demande de naturalisation à deux ans. Le tribunal a rejeté la requête de M. D, considérant que la décision attaquée était valide et que le ministre avait correctement apprécié la situation de M. D, notamment en ce qui concerne son insertion professionnelle et ses ressources financières.
Arguments pertinents
1. Compétence de l'autorité signataire : Le tribunal a d'abord écarté le moyen d'incompétence, en affirmant que la décision avait été signée par une autorité compétente. En effet, Mme C E, attachée principale d'administration de l'État, avait reçu une délégation de signature pour signer les décisions relatives aux naturalisations. Le tribunal a précisé : « le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte manque en fait et doit être écarté. »
2. Appréciation de l'insertion professionnelle : Le tribunal a ensuite examiné le fond de la décision, en se référant à l'article 21-15 du Code civil, qui stipule que l'acquisition de la nationalité française par naturalisation est soumise à l'appréciation de l'autorité publique. Le ministre a jugé que M. D n'avait pas pleinement réalisé son insertion professionnelle, en raison de ressources jugées insuffisantes et instables. Le tribunal a noté que « le ministre a commis une erreur manifeste d'appréciation en ajournant à deux ans sa demande pour le motif cité. »
3. Évaluation des ressources : M. D a contesté le motif de l'ajournement en arguant que ses ressources étaient suffisantes. Cependant, le tribunal a constaté que le revenu imposable de M. D était très faible, et qu'il bénéficiait d'aides sociales, ce qui a conduit à la conclusion que le ministre n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 21-15 : Cet article précise que l'acquisition de la nationalité française par naturalisation est une décision de l'autorité publique, qui doit apprécier l'intérêt d'accorder la nationalité. Le tribunal a souligné que cette appréciation inclut le degré d'insertion professionnelle et la stabilité des ressources.
2. Décret n° 93-1362 - Article 48 : Cet article stipule que le ministre chargé des naturalisations peut ajourner une demande de naturalisation en imposant un délai ou des conditions. Le tribunal a interprété cet article comme conférant au ministre une large marge de manœuvre pour évaluer les demandes de naturalisation, en tenant compte de l'insertion professionnelle et des ressources du demandeur.
3. Évaluation des ressources : Le tribunal a mis en avant que, malgré les chiffres d'affaires de l'entreprise de M. D, ses revenus personnels étaient insuffisants pour justifier une insertion professionnelle satisfaisante. Cela a été illustré par la mention que « le revenu imposable du foyer de M. D s'élevait, au titre de l'année 2019, à la somme de 6 708 euros. »
En conclusion, le tribunal a rejeté la requête de M. D, considérant que la décision du ministre de l'intérieur était fondée et conforme aux dispositions légales en vigueur.