Résumé de la décision
La décision concerne la requête de M. A C, qui conteste un arrêté du 6 juin 2023 émis par la préfète du Val-de-Marne, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour une durée de trois ans. M. C demande l'annulation de cet arrêté, ainsi qu'une injonction à la préfète de lui délivrer un titre de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation. Le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis la requête au Conseil d'État pour déterminer la compétence juridictionnelle, considérant que la requête ne relevait pas de la compétence du tribunal administratif de Paris, mais de celle de Melun.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : Le tribunal administratif de Melun a estimé que la requête de M. C devait être examinée par lui, car le requérant résidait dans le Val-de-Marne au moment des décisions contestées. Cela est conforme à l'article R. 312-8 du code de justice administrative, qui stipule que "les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées".
2. Transmission au Conseil d'État : En vertu de l'article R. 351-6 du code de justice administrative, le vice-président a transmis le dossier au Conseil d'État pour qu'il règle la question de compétence, soulignant que la décision de la cour d'appel de Paris, qui a mis fin à la mesure de rétention, n'affectait pas la compétence du tribunal administratif de Melun.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 312-8 du code de justice administrative : Cet article précise que les litiges relatifs aux décisions individuelles des autorités administratives relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes concernées. Cela signifie que la localisation du requérant au moment de la décision est cruciale pour déterminer la juridiction compétente.
2. Article R. 351-6 du code de justice administrative : Cet article stipule que si le président d'une juridiction administrative estime que celle-ci n'est pas compétente, il doit transmettre le dossier au Conseil d'État dans un délai de trois mois. Cela permet d'assurer que les questions de compétence soient tranchées par la plus haute juridiction administrative, garantissant ainsi une bonne administration de la justice.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Melun de transmettre la requête au Conseil d'État repose sur une interprétation rigoureuse des règles de compétence, en tenant compte de la résidence du requérant et des dispositions légales applicables.