Résumé de la décision
Mme A B a saisi le juge des référés pour demander la liquidation d'une astreinte prononcée à l'encontre du préfet de police, qui n'avait pas délivré une attestation de prolongation d'instruction dans le délai imparti par une ordonnance du 29 août 2024. Bien que l'attestation ait été remise le 30 août 2024 à 11h20, Mme B a perdu le bénéfice d'un logement social qui lui avait été réservé lors d'une commission à 10h ce même jour. Le juge des référés a constaté une inexécution de l'ordonnance et a liquidé l'astreinte à hauteur de 3 400 euros, condamnant l'État à verser cette somme à Mme B.
Arguments pertinents
1. Inexécution de l'ordonnance : Le juge a établi que le préfet de police n'a pas respecté l'injonction de délivrer l'attestation dans le délai de deux heures, ce qui constitue une inexécution partielle. Cela est en contradiction avec l'article L. 911-7 du code de justice administrative, qui stipule que la juridiction doit procéder à la liquidation de l'astreinte en cas d'inexécution.
2. Calcul de l'astreinte : Le juge a calculé la période d'inexécution à partir de 17h38, moment où l'ordonnance a été notifiée, jusqu'à 11h20 le lendemain, totalisant 17 heures de retard. Le taux de l'astreinte étant fixé à 200 euros par heure, la somme due s'élève à 3 400 euros.
3. Conséquences de l'inexécution : La décision souligne que l'inexécution a eu des conséquences directes sur Mme B, qui a perdu l'attribution de son logement social, renforçant ainsi la nécessité de la liquidation de l'astreinte.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 911-7 du code de justice administrative : Cet article précise que "En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée." Cela établit le cadre légal pour la liquidation de l'astreinte en cas de non-respect des délais imposés par le juge.
2. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures d'urgence, telles que la délivrance d'attestations administratives, et de prononcer des astreintes en cas de non-exécution. La décision du juge des référés du 29 août 2024 s'appuie sur cette disposition pour justifier l'injonction faite au préfet.
3. Conséquences de l'inexécution : La décision met en lumière que l'inexécution de l'ordonnance a eu des effets préjudiciables pour Mme B, ce qui est un élément important dans l'appréciation de la nécessité de la liquidation de l'astreinte. Cela souligne l'importance de l'exécution rapide des décisions judiciaires pour protéger les droits des requérants.
En somme, la décision du juge des référés s'appuie sur des fondements juridiques clairs et démontre l'importance de l'exécution des ordonnances judiciaires, tout en tenant compte des conséquences pratiques pour les parties concernées.