Résumé de la décision
Mme A B, représentée par la SELARL Gabriel Kengne, a introduit une requête le 8 mars 2024, demandant au tribunal de condamner l'État à lui verser une provision de 173 621,40 euros en réparation des préjudices résultant d'un refus de visa daté du 20 décembre 2017. Le tribunal a constaté que le litige relatif à la légalité de ce refus de visa relevait de la compétence du tribunal administratif de Nantes, conformément aux dispositions du code de justice administrative. En conséquence, le dossier a été transmis à cette juridiction.
Arguments pertinents
1. Compétence juridictionnelle : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 312-18 du code de justice administrative, les litiges relatifs aux décisions individuelles en matière de visas d'entrée sur le territoire français relèvent de la compétence du tribunal administratif de Nantes. Cela signifie que le tribunal de Rouen n'était pas compétent pour statuer sur la demande de Mme B.
2. Transmission du dossier : En vertu de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le tribunal a l'obligation de transmettre le dossier à la juridiction qu'il estime compétente lorsque la demande ne relève pas de sa propre compétence. Le tribunal a donc agi conformément à cette obligation en transmettant le dossier au tribunal administratif de Nantes.
3. Absence d'irrecevabilité : Le tribunal a noté qu'aucune irrecevabilité insusceptible d'être couverte en cours d'instance n'entachait la requête de Mme B, ce qui a permis de justifier la transmission du dossier sans délai.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 312-18 du code de justice administrative : Cet article précise que "les litiges relatifs aux décisions individuelles prises en matière d'autorisations de voyage et de visas d'entrée sur le territoire de la République française relevant des autorités consulaires ressortissent à la compétence du tribunal administratif de Nantes." Cela établit clairement la compétence territoriale pour les litiges liés aux refus de visa.
2. Article R. 351-3 du code de justice administrative : Cet article stipule que "lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente." Cette disposition impose une obligation de transmission lorsque la compétence n'est pas établie.
3. Article R. 312-14 du code de justice administrative : Cet article indique que "les actions en responsabilité fondées sur une cause autre que la méconnaissance d'un contrat ou d'un quasi-contrat et dirigées contre l'Etat, les autres personnes publiques ou les organismes privés gérant un service public relèvent : 1° Lorsque le dommage invoqué est imputable à une décision qui a fait l'objet d'un recours en annulation devant un tribunal administratif, de la compétence de ce tribunal." Cela renforce l'idée que le tribunal administratif de Nantes est le seul compétent pour traiter les demandes d'indemnisation liées à des décisions de refus de visa.
En conclusion, la décision du tribunal de Rouen de transmettre le dossier au tribunal administratif de Nantes est fondée sur une interprétation rigoureuse des dispositions du code de justice administrative, garantissant ainsi le respect des compétences juridictionnelles établies.