Résumé de la décision
M. C et Mme B A ont saisi le tribunal administratif le 3 juin 2024 pour demander la saisine du médiateur de la République, désormais connu sous le nom de Défenseur des droits, concernant un litige avec l'agence nationale de l'habitat. Le tribunal a rejeté leur requête, considérant qu'elle était manifestement irrecevable, car les requérants ne pouvaient pas demander la saisine du médiateur par cette voie. Ils ont la possibilité de saisir directement le Défenseur des droits.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 411-1 du code de justice administrative, une requête doit contenir un exposé des faits et des moyens. En l'absence de tels éléments, la requête est considérée comme irrecevable. Le tribunal a précisé que "les conclusions ainsi présentées par les requérants sont donc irrecevables".
2. Possibilité de saisine directe : Le tribunal a également noté que M. et Mme A peuvent saisir directement le Défenseur des droits, ce qui rend leur demande de saisine du médiateur par le tribunal superflue. Cela est en accord avec les dispositions de l'article 71-1 de la Constitution et de l'article 5 de la loi organique n° 2011-133.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet aux présidents de tribunal administratif de rejeter des requêtes manifestement irrecevables. La décision a été fondée sur le 4º de cet article, qui stipule que "la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser".
2. Article R. 411-1 du code de justice administrative : Cet article précise que la requête doit contenir l'exposé des faits et des moyens. Le tribunal a interprété cette exigence comme essentielle pour la recevabilité de la requête, affirmant que "l'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours".
3. Article 71-1 de la Constitution et article 5 de la loi organique n° 2011-133 : Ces articles établissent le cadre juridique permettant à toute personne de saisir le Défenseur des droits en cas de litige avec une administration. Le tribunal a souligné que "le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l'État", ce qui permet aux requérants de se tourner directement vers cette institution.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une interprétation stricte des exigences procédurales et sur la possibilité pour les requérants de recourir directement à une autre instance compétente, le Défenseur des droits.